POLONAIS DE LA GALIC1E.
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et des chants d’église que de l’ancien idiome alamannique de leurs ancêtres ;cependant des mots slaves, en grand nombre, sont aussi mêlés à leur lan-gage. Ces colonies de paysans allemands sont groupées principalement dansles cercles de Léopol et de Stryj .
Les Polonais occupent, sous divers noms, toute la partie occidentale de laGalicie et même débordent à l’ouest dans la Silésie autrichienne, où ils sontconnus sous la désignation de « Polaques d'eau » ( Wanerpolakcn ). Ce sont,parmi les Polonais, ceux que leurs voisins allemands affectent le plus demépriser, ceux auxquels ils attribuent le plus de penchant à l’ivrognerie,le plus grand avilissement moral. Ce qui est vrai, c’est que les Polaquesvivent pour la plupart dans une extrême misère et dans une profonde igno-rance; fils de serfs, ils sont restés asservis à cause de la famine qui lespoursuit et les donne au premier maître venu, surtout à l’usurier de village.Ceux qui habitent la plaine au pied des Carpates et le long de la Yistulesont connus en général, mais à tort, sous le nom de Mazures, appartenantaux Polonais de la Prusse orientale ; eux aussi, quoique moins pauvres queles Polaques de Silésie, ont beaucoup à souffrir. Manquant presque toujoursd’une nourriture abondante, ils sont mous et sans force, ils ont les joues pâ-les; de bonne heure, leur dos s’arrondit et se voûte. Parmi singulier contrastecependant, les femmes, quoique lâches au travail, ont une grande apparencede vigueur : on dirait qu’elles appartiennent à une autre race que les hom-mes, tant elles leur paraissent supérieures en solidité physique. Elles por-tent un costume d’apparence presque asiatique, un mouchoir blanc ou rougenoué en forme de turban, une veste de couleur éclatante ouverte sur unechemisette blanche. La variété des costumes est plus grande chez les hom-mes que chez les femmes, chaque village ayant scs modes particulières. Endépit de leur misère, les paysans se plaisent aux pompons, aux plumes, auxboutons de métal, aux fleurs, aux broderies, aux couleurs voyantes. Ce n’estpoint à la malpropreté, mais bien plutôt aux privations de toute espècequ’il faut attribuer cette maladie terrible, la « plique polonaise », qui sévitsur les Mazures et que l’on dit avoir été importée par les Tartares au trei-zième siècle. Chez les personnes atteintes de cette affection, les cheveuxs’épaississent peu à peu et se changent en une masse corrompue mêlée decaillots de sang.
Les Polonais des Beskides et de leurs contre-forts sont connus sous le nomde Gorales , mot qui signifie simplement « Montagnards)). Eux aussi viventtrès-sobrement et pauvrement, et leurs demeures, en partie creusées dansla terre, manquent absolument de confort. Mais ils doivent une pins fortesanté à leur genre de vie, à l’air vivifiant des montagnes : ils sont en