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se sont épanchées en vastes tables horizontales, on bien fragmentées encolonnes. De vieux châteaux, des chapelles, des ermitages, perchés sur despitons de laves, donnent un aspect encore plus pittoresque à cette régiontourmentée. Au pied de chaque hutte, la terre est d’une fertilité merveil-leuse, grâce au basalte décomposé par les intempéries, et les arbres fruitierscroissent en forêts autour des villages. Des fontaines minérales, qui sourdenten différents points du massif, témoignent encore d’un reste d’activité sou-terraine dans le foyer des laves : ce sont les célèbres eaux de Teplitz , cellesde Carlsbad , qui forment une rivière minérale de près de 100 litres parseconde, entraînant par an plus de 15,000 tonnes de sels de soude et demagnésie, les sources de Bilin, de Pullna, de Sedlitz, et d’autres encore, dontla vertu curative appelle chaque année en Bohème un si grand nombred’étrangers. 11 est peu de contrées en Europe qui, par leur abondance eneaux médicinales, soient aussi favorisées que le haut bassin de l’Elbe .
C’est dans les montagnes de la Moravie et de la Bohême que naissent lestrois grands fleuves de l’Allemagne du nord, la Yislule, l’Oder et l’Elbe ;
mais les deux premiers sont de simples ruisseaux là où ils sortent de la
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Silésie autrichienne pour aller parcourir d’autres territoires. A peineéchappée à son berceau rocheux des monts Beskides , la Yistule arrose lesplaines de la Galicie, puis celles de la Pologne, tandis que l’Oder , à peineissue de sa vallée des Sudètes , baigne jusqu’à la mer des terres allemandes.L’Elbe seulement, qui prend sa source sur le versant méridional du Rie-sengebirge, dans le sol tourbeux d’un plateau de pâturages appelé « Prairiede l’Elbe » ( Elbiciese ), a le temps de réunir tous ses affluents de montagneset de se grossir en un véritable fleuve, avant de sortir de l’Autriche pourentrer en pays saxon. Sauf quelques petits districts sur la frontière, laBohème appartient en entier au bassin de l’Elbe, de même (pie la Moravie est comprise dans le bassin de la rivière qui lui a donné son nom, la Mo-rava, la Mardi des Allemands. Les deux provinces sœurs forment un con-traste singulier par leur régime hydrographique. De la Bohème s’épanchentvers le nord des eaux qui descendent à la mer d’Allemagne , tandis que laMorava coule au sud vers le Danube, qui l’emporte à la mer Noire .
La nomenclature géographique imposée par la coutume est pleine deméprises. Dans tous les pays se trouvent des fleuves qui prennent le nomd’un de leurs affluents secondaires. C’est ainsi que, dans la Bohème, laLabe, l'Elbe des Allemands, l’emporte sur la Yltava ou Moldau , qui estpourtant le cours d’eau principal : par l’importance de son bassin, aussibien que par sa masse liquide, la Yltava est deux fois supérieure à l’Elbe ;c’est le vrai fleuve de la Bohême, celui qui en forme la principale artère