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Livre III. L'Europe Centrale.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

Olmiitz, le territoire tchèque ne dépasse pas 60 kilomètres de largeur, et çàet là des îles de population allemande, notamment celle d’Jglau, diminuentencore la superficie de cette péninsule avancée du grand continent slave.D’ailleurs il est des districts entiers dont les populations sont « bilingues »ou parlent indistinctement les deux langues, et dont le type n’est pas assezaccusé pour qu’on puisse les classer dans l’une ou l’autre race. C’est doncseulement d’une manière approximative que l’on évalue les Tchèques purset leurs frères de la Moravie et de la Silésie à près des deux tiers de lapopulation totale 1 . Sauf dans la zone qui s’étend au nord-ouest de Drague ,entre la vallée de l’Eger et celle de la Berounka, il paraît constant, mêmed’après le témoignage des écrivains allemands, que dans le conflit des deuxlangages aux prises c’est l’idiome slave qui l’emporte; surtout les « îles »se dénationalisent rapidement. 11 faut dire aussi que dans les districts où lesTchèques sont en majorité, nombre d’Allemands, qualifiés de renégats parleurs compatriotes, cherchent à se faire bien venir de la population en jar-gonnant la langue du pays et même en traduisant leurs noms de famille.Fait curieux, et qui prouve quelle est la ténacité du Slave , les Croates deMoravie , qui sont à peine 2,50(J, sont ceux qui dans les mariages mixtesimposent à la fois leur langue et leurs mœurs.

En Bohème la lutte entre Germains et Slaves est très-ardente. Il est peude contrées où deux races vivant à coté l’une de l’autre se délestent aussicordialement que le font les Tchèques et les Allemands de la Bohème, dumoins ceux qui s’occupent passionnément de questions politiques : entreeux c’est plus que de l’antipathie, c’est presque de la haine. Aux veux duTchèque, l’Allemand est un « lourdaud», une brute, une «punaise »; pourle Germain, le Bohémien est un « menteur », un « reptile ». L’antago-nisme des deux nationalités est d’autant plus grave que dans la plupartdes districts il coïncide avec les différences de classe. En général, la bour-geoisie des villes est allemande, tandis que les Tchèques appartiennent àl’aristocratie ou constituent la foule des paysans, el dans les régions indus-trielles la grande majorité des ouvriers : la classe moyenne n’est guère re-présentée parmi les Slaves de Bohème et de Moravie que par les employésde toute espèce, d’ailleurs fort nombreux. Tous les grands événements euro-

1 Répartition approximative des habitants de la Bohcine, de la Moravie et de la Silésie autrichienne

Tchèques.

Allemands.

Polonais.

Juifs.

Totaux.

Bohème. . .

. 5,510,000

2,000,000

—

110.000

5,420,000

Moravie . . .

. 1,550,000

508,000

—

54,000

2,112,000

Silésie . . .

110,000

279,000

159,000

7,000

555,000

4,970,000

2,787,000

159,000

171.000

8,087,000