Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
517
JPEG-Download
 

1LL ET PLAINE D’ALSACE.

517

au nord-ouest de Strasbourg , était encore en amont de cette ville 1 . Au mi-lieu de la plaine de débris qu’elle traverse, l’Ill peut fréquemment changerde place, d’autant plus que ses oscillations annuelles de crues et d’étiagessont très-considérables et varient de l’unité au cent-vingtuple. Un proverbepatois de la haute Alsace, cité par M. Charles Grad , dit de la rivière errante :« Die Eli (jelit tco sie loell » (L’Ill va où elle veut). En moyenne elle porteau Rhin de 28 à 50 pour 100 de l’eau tombée dans son bassin 2 . Afin d’em-pêcher les inondations fréquentes qui ravagent la plaine de Strasbourg , onpropose de creuser un canal de déversement de l’Ill au Rhin , à une vingtainede kilomètres en amont de la ville; on allégera ainsi les crues de la rivièreau printemps et en automne.

Les terres apportées de la Suisse par les eaux glaciaires et par leRhin diffèrent singulièrement en fécondité. Tandis que les limons sonttrès-fertiles et se couvrent de superbes récoltes, les sables et les caillouxsont naturellement arides et ne conviennent à d’autre végétation qu’à celledes arbres. Telle est, à l’est de Mulhouse , la grande Ilart, qui horde lesterres alluviales du Rhin sur une longueur de 52 kilomètres et sur unelargeur moyenne de 2 à 12 kilomètres; ses chênaies et ses charmilles sontassez mal tenues, car le sol caillouteux ne peut fournir aux arbres une sèveassez abondante; en plusieurs endroits, la prétendue forêt n’est qu’unmaigre taillis ou même qu’un fourré de broussailles. Quant à la partie dela Ilart dont les bois ont été coupés, elle n’offre plus qu’un sol desséché :on lui donne le nom de dürre Hart, « la Hart aride ». Celte dessiccationde la terre végétale provient certainement de la nature caillouteuse desterrains, qui laissent pénétrer dans les profondeurs toute l’humidité de lasurface, depuis qu’un tapis de feuilles tombées ne recouvre plus le sol.D’autres espaces sableux, plus éloignés de la porte de Bâle par laquellel’eau roulait les cailloux des Alpes , sont couverts de forêts d’une bellevenue : on peut citer surtout celle de Haguenau , dans le Bas-Rhin. Il y acent cinquante ans, c’était une immense chênaie; de nos jours, elle secompose presque entièrement de pins.

Comparé à celui de la France, le climat de l’Alsace est extrême. Le rem-part des Vosges , qui arrête les vents des mers occidentales, la large valléedu Rhin qui se prolonge sur près de 500 kilomètres dans la direction des

1 Daubrée, Description géologique et minéralogique du Bas-Rhin, p. 255.

Débit moyen de l’Ilt à Strasbnurir» le plus bas ......

» le plus fort .

240 »

(Charles Grad , Hydrologie de l’Ill.)