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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
« bâti de vive force à grands coups de moellons » : c’esl là que de tonies lesparties du monde viennent chaque année les 5U,U0(> visiteurs qui cherchentà Bade le repos ou le plaisir : c’est là que régna si longtemps la « rou-lette » avec son cortège de ruine, de désespoir et de suicides. Avant laguerre de 1870, les Français étaient, après les Allemands, la nationalitéla plus fortement représentée pendant la saison : phénomène rare (huisune ville de bains située hors de France , ils étaient à Bade deux foisplus nombreux que les Anglais . Les sources thermales qui depuis les Ro-mains, fondateurs d'Aurelia Aquensis, ont fait la prospérité de la ville,sont au nombre de treize et jaillissent du sol avec des températures inégales;l’une d'elles est la plus chaude (08° centigrades) de toutes celles qui fontleur apparition dans la Foret-Noire, au contact du granit et des couchessurincombantes. 11 fut un temps où les eaux de Bade se rapprochaient cer-tainement beaucoup plus du point d’ébullition, car elles amenaient à lasurface des quantités de silice; en certains endroits on en trouve des amasde 10 mètres d’épaisseur. De nos jours, les sources de Bade sont trop froidespour en dissoudre dans leurs eaux 1 .
Les souvenirs historiques, surtout ceux des combats et des batailles,abondent dans cette partie du grand-duché de Bade, qui s’étend de Bade à Heidelberg. Dans la plaine, près du village de Sasbach , un obélisquede granit, désigne l’endroit où tomba Turenne en 1075. Au nord deBade, la ville fortifiée de Raslalt, qui défend la vallée de la Murg , àson issue dans la campagne unie, rappelle la paix de 1714, signée parle maréchal de Yillars et par le prince Eugène, et le congrès qui eutlieu pendant les guerres de la Révolution, de 1707 à 1799. C’est devantl’une des portes de la ville (pie furent assassinés les plénipotentiaires fran-çais . En 1849, la place forte de Baslatt tomba au pouvoir des insurgésbadois, mais, après divers combats et un siège de trois semaines, elle dut serendre aux Prussiens.
Karlsruhe, qui hérita de Ilastatt et de Baden-Baden comme capitale dugrand-duché, n’est pas dans une position géographique naturelle : fondée aucommencement du dix-septième siècle par un souverain en quête de solitudeet de repos, le « Repos de Charles » se trouve en effet en dehors de la voiehistorique de la vallée, qui passe par les petites villes d’Eltingen et de Dur-lacli ; elle est bâtie dans une contrée où les populations ne seraient pointvenues d’elles-mèmes établir une cité bruyante de travail et de commerce.Karlsruhe n’a pas d’eau courante : elle est également éloignée des deux
F. Sandberger. Zur Urgcschichlc des Sclnuarzu'idds , Ausland, 1870, n° il.