GH
troit, est condamnée à disparaître; les nouvelles fortifications, placées à ladistance moyenne de cinq kilomètres de la ville, comprennent douze fortsde diverses grandeurs, huit autour de Cologne , quatre autour de Deutz,reliés les uns aux autres par des batteries intermédiaires et formant unvaste camp retranché.
A l’ouest, de Cologne, sur les frontières de la Belgique et de la Hollande,est une grande ville qui fut longtemps la supérieure politique de la citérhénane : c’est Aix-la-Chapelle (Aaclien), déjà située dans le bassin de laMeuse, sur le ruisseau Wurm ou Worm, que forme en partie la fontainechaude de la « vallée des Sangliers », P or cet um en latin du moyen âge,aujourd’hui Burtscheid ou Borcettc. Aix-la-Chapelle n’a pas, comme Co-logne , l’avantage d’être bâtie sur un grand fleuve, au point de conver-gence de plusieurs routes naturelles, mais elle a ses abondantes eaux ther-males et sulfureuses, et ce sont ces eaux qui plurent à Charlemagne etle décidèrent à faire choix d'Aquisgranum comme siège de son empire.Il y bâtit un palais, chanté par les poèmes du moyen âge, édifice de marbre,d’or et de pierres précieuses, devenu fameux dans les légendes par sonperron d’acier, sur lequel les chevaliers venaient aiguiser leurs épées pourcombattre les enchanteurs. Le palais véritable, dont l’imagination populaireavait fait ce lieu de merveilles, a cessé d’exister et l’hôtel de ville leremplace; mais la « chapelle » que Charlemagne fit construire sur lemodèle de San-Yilale de Ravenne, et. qui a valu son nom français à la villeactuelle, se voit encore dans la cathédrale agrandie, remaniée, défigurée;c’est une simple rotonde octogone à deux étages, possédant, entre autressouvenirs du passé, le sarcophage de Charlemagne et le siège de marbreblanc où trônait l’empereur « à la barbe fleurie », assis dans son tombeau.Tel avait été l’immense ébranlement imprimé aux nations par Charle-magne, qu’après sa mort Aix-la-Chapelle devint une cité sacrée : elle futchoisie comme ville du couronnement; trente-sept empereurs, depuis Fré-déric Barberousse , vinrent successivement s’asseoir sur la pierre du con-quérant; les pèlerins accouraient par centaines de milliers chaque annéepour baiser les reliques de la chapelle, et les bourgeois jouissaient des plusgrands privilèges en récompense de leur acclamation des empereurs :libres de tout cens et de tout service, ils avaient le droit de donner asileaux proscrits, et le ban de l’empire ne pouvait les atteindre.
Les sources qui ont fait indirectement la fortune d’Aix-la-Chapelle attirentencore un très-grand nombre d’étrangers 1 ; mais la ville possède d’autres
Raurneurs on 1871 à Aix-Ia-Eliapelle : 25,620.