639
Ce rêve d’une Germanie « triple et une » est désormais abandonné : la Ba-vière n’est plus qu’une province de l’empire allemand , mais c’est une de cellesqui auront toujours le plus d’importance, grâce aux avantages géographiquesdu territoire et au groupement compacte des populations qui l'habitent 1 .
Au congrès de Vienne, l’Autriche a pris soin de ne laisser à la Bavière aucune vallée intérieure des Alpes , aucun des passages stratégiques de lagrande crête; même les sources des rivières qui vont se jeter dans le Da-nube bavarois n’appartiennent pas toutes politiquement au pays qu’ellesarrosent. Aon contente de prendre toute la haute vallée de l’Inn et le Vorarl-berg jusqu’au lac de Constance, l’Autriche s’est en outre agrandie des ver-sants supérieurs de la Lecli et de l’Isar et son territoire s’étend en maintsendroits jusque dans le voisinage de la plaine ; il comprend en entier, deFüssen à Innsbruck , la route du col de Fern, qui était autrefois le chemind’Augsbourg en Italie . Cependant quelques-uns des massifs avancés apparte-nant à la Bavière font encore partie des grandes Alpes calcaires. Plusieurssommets dépassent la hauteur de 2,500 mètres et s’élèvent dans la régiondes neiges persistantes; on y voit déjà de vrais glaciers, ainsi que deséboulis, des « mers de pierres », des cascades, des lacs, et les zones de végé-tations différentes, s’étageant des forêts de la base aux pâturages des cimes :du cône isolé, le Ilohc Pcissenberg, qui s’élève au milieu des plaines, onpeut voir se déployer ce magnifique horizon de sommets dans toute sa gran-deur. Une des montagnes centrales de cette région, la Zugspitze , qui dressescs parois abruptes à l’ouest du massif pierreux de Wetterstein , est la plushaute de tout le territoire politique de l’Allemagne actuelle.
Quelques vallées bavaroises sont aussi parmi les mieux connues des Alpes ,grâce à leurs forêts, à leurs cascades, à leurs petits bassins lacustres. Lesplendide château royal de Hohensclnvangau, à l’est de Füssen , domine unpaysage fort étendu de moraines aujourd’hui boisées, entre lesquelles sontépars des lacs nombreux et des bassins d’alluvions où le Lecli se ramifie enune multitude de canaux. Au pied des escarpements du Wetterstein s’ouvrel’admirable vallée de Partenkirchen ; non loin de là, près des bords de larivière Isar , le AValchensee, qui, d’après la légende, doit un jour débordersur la plaine et l’inonder, occupe un vaste cirque de montagnes. Plus à l’est,à l’entrée de la plaine, est le Tegernsee , entouré de châteaux et de villas.Le Ivônigssee, situé déjà dans le coeur des Alpes , dans un angle du territoirebavarois qui se recourbe au sud de Salzbourg , est de tous les lacs d’Alle-
Superficie
1 Bavière sans le Palalinat rhénan. 69,926 kil. carrés.» avec le Palalinat » 73,863 »
Popul. en 1875.
4,581,560 hub.5,022,900 »
Popul. kilora.
65 hab.
66 »