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Livre III. L'Europe Centrale.
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ALPES BAVAROISES.

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ilols, et des bateaux parcourent le lac en croisant leurs sillages, qui scintil-lent comme l’argent sur la nappe sombre des eaux. Le torrent qui s’échappede ce beau lac court en éeumant vers la rivière de Salzbourg en arrosantla vallée de Berchtesgaden. Dans toutes les Alpes bavaroises il n’est pasde bassin plus charmant que ce lieu de salines et de bains, au-dessusduquel se redressent les hauts escarpements de lTntersberg; mais, par untriste contraste, nulle part l'homme n’a lês traits plus llélris, l’air plussouffreteux. La domination des moines, à laquelle étaient soumis leshabitants du canton, était si dure à porter, que les montagnards des envi-rons refusaient de donner leurs biles en mariage aux pauvres asservis. Pen-dant plusieurs siècles, les jeunes gens de Berchtesgaden se marièrent doncentre cousins, et le sang, déjà vicié par la misère, dut se vicier de plus enplus. L’occupation principale des habitants, qui est la sculpture de figurinesen bois, contribue également à la détérioration de la race, à cause de l’airchaud, humide, chargé d’odeurs insalubres, (pie respirent constamment lesouvriers pendant les longues journées de travail. On compte dans le districtde Berchtesgaden un goitreux sur quatorze individus, un crétin sur centcinquante.

Immédiatement au nord du Danube, entre Batisbonne et Passau , com-mence la région de coteaux et de montagnes qui forme la limite orientalede la plaine et qui sert de frontière commune à la Bavière et à la Bohème,aux deux empires d’Allemagne et d’Austro-IIongrie. Une première chaînede roches cristallines, encore en grande partie recouverte de forêts, serenlle parallèlement au Danube en un large dos de 900 mètres de hau-teur, sur lequel s’arrondissent quelques dômes [dus élevés de 100 etde "200 mètres. Cette chaîne est comme le premier gradin de la crête de laSumava , dont elle est séparée par l’étroite vallée de la Begen, elle-mêmetout à fait parallèle à l’axe du système, car elle se dirige du sud-est aunord-ouest, suivant un plissement du sol parallèle au lit du Danube , puis serecourbe brusquement au sud pour aller rejoindre le fleuve à Batisbonne.D’ordinaire on donne le nom de « Forêt de Bavière » (Bayerischer Wahl) àla chaîne plus basse de l’occident, tandis que la plus liante a reçu pour sesdeux versants l’appellalion de « Forêt de Bohème » (Bobiner Wahl). Maisles gens du pays ont l’habitude plus naturelle de désigner les montagnesd’après la contrée où elles se trouvent. Pour eux tout le versant bavaroisest la « Forêt de Bavière » : c’est là que s’élèvent les sommets les plushauts du système, l’Arber et le Racliel. On sait combien cette région demontagnes, de défilés, de forêts, opposait d’obstacles jadis aux libres com-munications entre les peuples. La porte par laquelle ont passé de tout