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Livre III. L'Europe Centrale.
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DANUBE .

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toinent au sud-est sur une vingtaine de kilomètres, comme si elles allaientse jeter dans le lac de Constance et s’écouler ainsi vers le Rhin . Même unefaible part du courant danubien trouve sa route vers le bassin rhénan, grâceà des conduits souterrains. Le lit calcaire du fleuve, tout fissuré, laisse dis-paraître l’eau dans ses fentes, et le Ilot souterrain va surgir plus au sud,non plus sur le versant du Danube, mais sur celui du Rhin : c’est prèsdu village d’Aach que reparaît l’eau danubienne fuyant vers le lac deConstance . En 187b, de nouvelles tissures s’ouvrirent sur le courant duDanube , en aval d'iinmindingen, non loin de l’entrée du fleuve dans leterritoire du Mürtlemberg, et le cours d’eau se fût échappé presque toutentier par ces gouffres, si les usiniers ne s’étaient empressés de les fermer.

Mais là déjà le Danube a pris la direction du nord-est, qui l’éloignedéfinitivement du Rhin ; il a quitté le pied de la Forêt-Noire pour s’engagerdans une cluse du Jura souabe , entre des parois de rochers qui s’élèventjusqu’à la hauteur de 100 mètres, et qu’interrompent çà et là des vallonssolitaires ombragés de bouleaux et de hêtres. De belles sources, bleues etpures, comme toutes celles qui proviennent de ruisseaux souterrains cou-lant dans le calcaire, viennent grossir le flot du Danube : l’une d’elles, laBleue (Rlau), s’élance, à Blaubeuren , du fond d’un entonnoir qui s’ouvre àla base d’un roc superbe et que l’on appelle sans poésie le a Dot Bleu», àcause de l’eau que l'on y voit « bouillir » après les grandes pluies. De mêmeque dans le bassin du Neekar, on remarque de chaque coté de la Rlau d’an-ciens méandres taillés en plein dans le rocher et dont le niveau est supé-rieur à celui de la rivière actuelle. On voit ainsi, sculptées dans la pierre,les traces des grandes oscillations du sol.

En dessous d’Ulm, où la Rlau se mêle au Danube , finit le territoire duWürttemberg, et le fleuve, pénétrant en Bavière , devient en même temps,grâce à Eli 1er alpine, la grande voie de navigation de l’Allemagne du Sud.L’iller, où flottent des bateaux, fait du Danube un beau cours d’eau desoixante-quinze mètres de largeur et d’un mètre de profondeur moyenne : ilpeut déjà servir au mouvement des échanges. De grands bateaux carrés,désignés à Vienne sous le nom de « boites » (Schachteln ), et portant jusqu’à100 tonneaux de marchandises, parlent de Neu-llm, vis-à-vis du confluent;d’étape en étape, à la bouche de chaque rivière alpine ou franconienne, laflottille s’accroît de bateaux plus grands; à Donauworth , les bateaux à vapeur se joignent aux convois d’embarcations à rames; à Passau , en aval dela jonction de l'Inn , le tonnage s’accroît encore. D’ailleurs, plus des neufdixièmes des bateaux à rames qui dérivent le long du Danube sont des-tinés à ne faire le voyage qu’une fois. Arrivés à Vienne , ils sont dépecés