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Livre III. L'Europe Centrale.
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NCRNBERG.

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vière proprement dite : elle en est devenue la métropole et sans avoir lesavantages particuliers que donne la résidence du souverain. Nürnberg estdéjà dans le bassin rhénan, sur les deux bords de la Pegnitz qui, par laRegnitz , va rejoindre le Main : le nom même de sa rivière témoigne de l’ori-gine slave des anciens habitants de la contrée; mais dès 1050, lorsque lenom du Castrum .\orenberc apparaît pour la première lois dans l’histoire,les colons vendes étaient sous la protection de la forteresse, et la cité gran-dit peu à peu comme ville allemande ; le tombeau de saint Sebald y attirait,d’innombrables pèlerins. Nürnberg devint rapidement un des grands mar-chés de l’Allemagne , grâce à son heureuse position au point de croisementdes deux lignes de commerce, du Danube au Rhin et de l’Italie aux contréesde l’Allemagne du Nord; en effet, la vallée de la Regnitz continue exacte-ment vers la Thuringc la direction de la vallée du Loch, qui fut longtempsl’un des grands chemins de l'Italie. Nürnberg était ainsi au nord du Da-nube la ville sœur d’Augsbourg. Une expression proverbiale témoignait del’importance de son commerce : j\iirnberger Iïand geht durchs ganzeLand l .

Quoique située dans une plaine sablonneuse, à quelques kilomètres ài’oucsl des collines boisées qui portent le nom de « Montagnes de Nürn-berg », la ville se présente assez fièrement, dominée par son ancien châ-teau et ses tours, que l’on voit de loin, à travers la fumée des usines. Parmiles grandes villes d’Allemagne, Nürnberg est une de celles qui ont le mieuxgardé l’aspect des vieilles cités libres où, pendant le moyen âge, s’étaitconcentrée toute la vie industrielle, artistique et scientifique du pays.La ville, que la Pegnitz divise en deux parties à peu près égales, est encoreceinte de ses vieux murs; mais des jardins maraîchers, des massifs deverdure remplissent les fossés, et çà et là des lilas fleurissent dans les em-brasures, des plantes grimpantes glissent leurs racines entre les pierres.De puissantes tours rondes, entourées au sommet de cordons en saillie,s’élèvent au-dessus des portes, et sur la butte la plus haute de la ville sedressent les tours inégales et les constructions massives du château fort quifut le palais des empereurs d’Allemagne . Les rues, propres, mais inégaleset montueuses, sont bordées de maisons aux pignons élevés, aux toits percésde plusieurs rangées de lucarnes, et presque toutes ont au milieu de leurfaçade une grande fenêtre en saillie, ornée de sculptures et remplie de fleurs;de gracieuses fontaines ogivales ou de la Renaissance, entourées de grillesouvragées, embellissent les marchés et les places. Les diverses églises sont

i La main des Nurembergeois s'étend à travers tout le pars.