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Livre III. L'Europe Centrale.
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TllURINGlEN’S ET IIESSOIS. 703

bonnet noir retient leurs tresses réunies en chignon et laisse retomber deslongs rubans sur le dos; des vestes à manches bariolées se croisent sur leurpoitrine; elles portent des robes courtes, descendant à peine jusqu’auxgenoux. D’après l’ancienne coutume du pays, les propriétés ne se partagentpas entre les enfants, mais c’est le plus jeune fils qui hérite, les grandsétant censés d’àge et de force à pouvoir se tirer d’affaire tout seuls; sou-vent ils restent comme domestiques chez leur puîné et contribuent à l’en-richir. Les Allemands du voisinage accusent les Sorbes d’aimer trop l’ar-gent et la bonne chère; mais ces reproches, les Sorbes ne peuvent-ilsles renvoyer à leurs auteurs?

Les Thuringiens , qui peuplent non-seulement les pentes septentrionalesdu Tlniringenvald, mais aussi le haut bassin de la Saale et de ses affluentsjusqu’à la base des montagnes du llarz, sont une des races tudesques parexcellence. Habitant un des pays les plus riches de l’Allemagne , ils se dis-tinguent, dit-on, parmi tous leurs compatriotes par leur gaieté, leur en-train, leur amour de la musique et de la danse. A cet égard, leurs voisinsde l’ouest, les llessois, descendants des anciens Galles, contrastent singuliè-rement avec eux. Leur pays montueux est âpre et froid, et ils réussissent àgrand’peinc dans leur pénible lutte pour l’existence :

« U à le llessois n’a pas son gain,

Nul ne pourra trouver son pain ! »

Ainsi parle un proverbe allemand qui témoigne de l’acharnement des lles-sois au labeur ; mais, tout entiers à leur besogne, ils travaillent sans gaieté ;ils n’ont pas les libres et joyeuses allures de leurs voisins de la Thuringe .Il est vrai que pour beaucoup d’entre eux le sérieux et même la tristessepeuvent s’expliquer par la misère : les pommes de terre et la mauvaiseeau-de-vie ne suffisent pas à réparer les forces des paysans, et dans plu-sieurs districts la race, autrefois très-vigoureuse, s’affaiblit de jour enjour. La petite principauté de Waldeck, à l’ouest de Cassel , est la contréede l’Allemagne où l’on cômptc la plus forte proportion d’aveugles 1 etd’idiots 2 . On dit que les llessois apportent souvent dans leurs actes nue sorted’emportement sauvage : de là l’expression de « llessois aveugles », très-fréquemment employée par les Allemands des provinces limitrophes.

! Aveugles clans l’Allemagne entière ..... . . 89 sur 100,000 habitants.

» dans AYaldeck. 151 » 100,000

2 Idiots dans l’Allemagne entière.. 139 » 100,000

» dans AValdeck. 217 » 100,000

(G. Mayer, Zeitschrift des Baierischen Stalistischen Bureau, 1870, n° 2 )