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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
des autres et distribués au hasard dans la campagne comme des épaves aubord de la mer : quelques-uns sont découpés en tonnes bizarres; plusieurssont des masses ovales ou quadrangulaires qui sembleraient taillées par lamain des géants; seulement à leur base s’ ' de longs talus de débris,presque tous couverts de forêts. Un de ces blocs, qui se dresse sur la rivegauche de l’Elbe , le Kdnigstein, porte au sommet une forteresse réellementimprenable, à moins que l’assiégeant 11 e s’avisât de raser la roche elle-même. U 11 grand nombre d’autres blocs, le Quirl, le Pfaffenstein, leKegelstein, le Kalzstein, sont épars sur le plateau à l’ouest de l’Elbe ; maisun seul, le Uilienstein, apparaît sur la rive droite du fleuve : il est vraique c’est peut-être le plus beau de tous. Placé au milieu d’une péninsule,il domine toutes les sinuosités de la vallée, et des énormes degrés depierre que forment les dalles supérieures, on voit île toutes parts se pro-filer en bizarres perspectives les murailles et les tours de ces prodigieuxédifices. On y voit même des obélisques naturels, minces piliers quirésistent depuis des siècles à l’effort des tempêtes : tel est, sur le ter-ritoire de la Bohème, le Prebisch-Kogel, étrange entassement de ron-delles de pierre, dominant un vaste horizon de rochers et de bois. Lesfalaises déchiquetées de la Bastci, à l’est de àYehlen, 11 e sont pas moinssuperbes.
Sur les bords de l’Elbe , l’homme travaille avec ardeur à la démolitiondes falaises pour en employer les matériaux à la construction des villes,des usines et des ponts. Quand on remonte le fleuve eu amont de Pirna , onvoit les carrières s’ouvrir dans la roche en excavations continues sur unespace de plusieurs kilomètres de longueur : attachés aux quais du fleuve,de nombreux chalands attendent leur chargement de pierres pour les por-ter à Dresde, à Meissen, à Magdebourg; Hambourg même est en grandepartie construite en pierre de Pirna . Récemment, près de Welilen, la rocheminée s’est éboulée soudain en un bloc de plus de 80 mètres de haut ;l’Elbe a été bloquée dans toute sa largeur; même les radeaux ordinairesont été retenus en amont de l’obstacle. Il a fallu plusieurs mois d’effortspour déblayer le chenal. D’ailleurs l’Elbe est en plusieurs endroits tropétroite pour les radeaux qui en descendent le cours et les bateaux à vapeurqui s’y croisent. Ue lit en a été encore rétréci artificiellement par desdigues submersibles qui longent les fiords et qu’interrompent çà et là desouvertures disposées de manière à ménager de petits ports pour les bar-ques et les chalands. Une commission réunie en 1870 a fixé à 84 centi-mètres la profondeur qu’il serait urgent d’obtenir pour l’Elbe , en aval dela Bohème; mais, en dépit de tous les efforts, 011 11 ’a pu fournir encore