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précieux comme matériaux de construction, est poussée si loin qu’elle adonné lieu à une industrie spéciale, celle des « pinceurs de pierres » ( Stein -songer), qui retirent les blocs erratiques épars au fond de l’eau. Armés delongues tenailles, ces pécheurs, qui sont en général d’une force herculéenne,saisissent, soit dans les lagons ou liaff, soit même au large dans la mer,les grosses pierres, que leur achètent ensuite les constructeurs de digues etde jetées. Ce métier est fort périlleux : dès que le vent s’élève, les pin-ceurs sont obligés de se réfugier dans le port avec leurs lourdes embarca-tions ‘.
Ces fragments des monts Scandinaves, granits, gneiss, porphyres, cal-caires siluriens, se rencontrent non-seulement dans le voisinage des côtesballiques, mais encore dans toute l’étendue de la grande plaine. Au sud lesglaçons flottants se sont heurtés contre les Sudètes et les monts des Géants ,et même ils ont passé par quelques brèches de la chaîne pour laisser leursdébris sur le versant méridional ; les dépôts glaciaires couvrent une partieconsidérable de la Saxe jusque dans les environs de Dresde ; enfin, nousl’avons vu, ils pénètrent en Thuringe . Par un singulier contraste, on n’entrouve point dans la plaine de Magdeburg , appelée Magdelmrger Horde,terre noire d’une extrême fertilité qui ressemble au tchornosjom de laRussie méridionale 1 2 3 * . De même à l’ouest de la Yistule, le plateau de Kuja-vvien, fertile comme la Borde, a si peu de cailloux roulés, que pour la con-struction des routes il faut aller chercher la pierre dans les districtsvoisins. Au milieu des terrains de transport, on trouve des restes decoquilles et d’autres animaux qui semblent indiquer pour celle époque dela dispersion des erratiques un climat plus âpre que de nos jours : des osse-ments de mammouths et de rhinocéros, qui vivaient, eux aussi, dans lesrégions froides, sont mêlés aux débris de cette faune éteinte en partie 5 .
En se retirant, la mer a laissé dans toutes les dépressions du sol des lacset des étangs, qui tendent à disparaître pendant la période géologique ac-tuelle, par l’effet des alluvions qui les comblent en amont et des rivières quiles vident en aval. Cependant la grande plaine prussienne est si faiblementinclinée dans son ensemble, que ce travail d’assèchement s’accomplit avecune extrême lenteur, et c’est encore par centaines et par milliers que l’onpeut compter les nappes d’eau de toute grandeur qui parsèment le nord del’Allemagne, les unes assez étendues pour rappeler les baies de la Baltique ,
1 Aus allen Welttheilen , mars 1875.
2 H. Girard, Norddeulsclie Ebene.
3 Berendt, Geognostisclie Blicke in Alt-Preussens Urzeil.
* Richter und Kunze, Heimathskunde des Mansfelder See- und Gebirgskreises.
m.
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