Band 
Livre III. L'Europe Centrale.
Seite
805
JPEG-Download
 

NEHIIU.NGEN ET SAM LA NT).

805

Do mémo que dans la Foisclie Nehrung, les gratis ont changé do placedans la {lèche de Courtaude. On y reconnaît encore trois points faibles quifurent autrefois dos h récites par lesquelles les eaux de la mer communi-quaient avec celles du lagon : la chaîne des dunes est interrompue en cestrois endroits; des marais et des tourbières y ont remplacé les anciens pas-sages et, pour empêcher la mer de rompre encore la péninsule, il a fallucréer un cordon de petites dunes artificielles au moyen de fascines, sur les-quelles vient s’accumuler le sable. Près de la racine méridionale de lapéninsule, les hôtels et les établissements du bourg de Cranz , très-fréquentépar les baigneurs, sont menacés par les vagues de la Baltique : sur diverspoints, l’isthme de. défense n’a même que 500 mètres de largeur, et si desépis, des estacades ne le fortifiaient de part et d’autre, il suffirait d’unenuit de tempête pour couper la flèche et réunir les deux mers. Le grau deMemel , qui est de nos jours la seule [tasse, a beaucoup changé de forme ets’est déplacé [tendant la période historique. Encore au commencement dusiècle, le chenal avait un kilomètre de largeur; maintenant ce passage,appelé Tief (profond) ou Gatt (Porte), n’a [tins qu’une largeur de 400 mètresdo bord à bord, et le canal proprement dit a de 50 à 70 mètres : les naviresdoivent y entrer avec la plus grande précaution.

Les côtes des lfaff et celles de la péninsule de Samland, entre les deuxNehrungen , sont depuis [tins de deux mille ans, ou, [tour mieux dire, depuisdes Ages inconnus, un rendez-vous de commerçants qui viennent y chercherla résine précieuse trouvée dans le sable des plages. L’anibre jaune, si ap-précié des anciens, est la substance merveilleuse qui attirail les Etrusques et les Grecs vers la Baltique et leur faisait tracer des routes à travers les soli-tudes de la Sarmatie. Les monnaies grecques recueillies dans le Samland etsur les chemins qui y conduisent témoignent de l’importance de ses mar-chés. Toutes ces routes, de la mer Noire et de l’Adriatique aux plages duSamland, étaient indiquées d’avance par les gués et les isthmes peu nom-breux des régions naguère si marécageuses que parcourent l’Oder et laYistule ; elles ont pu être reconnues nettement, à l’aide de monnaiesgrecques, de bronzes étrusques, même de quelques objets phéniciens, trou-vés par les archéologues 1 . Des « caches » d’ambre trouvées de distance endistance sur ces routes de commerce font penser que le troc de cette matièreprécieuse se faisait surtout par l’entremise de « voyageurs », comparablesaux Franco-Canadiens qui vont actuellement de tribu en tribu acheter desfourrures.

* Genthe, Ueberden etruskischen Tauschhandel nach dem Xorden. — J -X. von Sailowski, Die Han-delsstrassen der Griechen und Romer... an die Gestade des Baliischen Meeres, überselzt von A. Kohn.