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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
do canaux, les rives que baigne le golfe de l’Elbe sont indécises, fuyantes,modifiées par chaque flot de tempête. La cause en est aux anciens glaciers.Ces fleuves solides, emplissant toutes les baies de la Scandinavie occiden-tale, en conservaient la forme première; mais leurs fragmcnls, détachésen montagnes de glace, étaient portés par les courants sur les rivages dusud, dont ils rasaient toutes les saillies et comblaient toutes les cavités parles débris pierreux dont ils étaient chargés. Quant à la côte orientale dnScldeswig-IIolstein, elle était partiellement défendue contre la débâcle desglaces flottantes par la péninsule de la Scanic et l’archipel des îles danoises.
Le littoral océanique du Schleswig , connu sous le nom d’Lthland oude « Terre Extérieure », est un de ceux qui, dans les temps historiques,ont eu le plus à souffrir des irruptions de la mer. Jadis, cela n’est pasdouteux, la plage régulière du Jydland (Julland) se continuait directementau sud jusqu’aux bancs de l’csLuaire de l’Elbe. La rive de Sylt indiqueencore le tracé de l'ancien littoral; mais en arrière de ce rempart nonencore détruit, les vagues de tempête ont tailladé, déchiqueté le rivageen tous sens; il n’est resté que des fragments isolés des anciennes terres.D’après les légendes, qui d’ailleurs se répètent sur tous les rivages del’Europe septentrionale, ces débris du continent étaient jadis séparés dubord seulement par un étroit fossé, que l’on pouvait franchir d’un bonden posant le pied sur une tête de cheval posée au milieu de l’eau. Lesirruptions de la mer ont été assez violentes pour noyer des populationsentières. Les Cimbres, dit-on, fuyaient devant les eaux débordées lors-qu’ils commencèrent, il y a deux mille ans, cette grande migration àtravers l’Europe qui les conduisit au fatal champ de Yerceil. Forchhainmera cru pouvoir signaler de grossiers galets superficiels, que l’on rencontredans toute la vallée de l’Eider à 20 mètres au-dessus de la mer, commeles marques de celle grande inondation venue de l’ouest; elle auraitmême atteint la rive orientale, et la ville de Iviel serait en grande partieélevée sur des atterrissements de cette provenance 1 . Quoi qu’il en soit,les tcatten qui découvrent à marée basse sur un espace d’au moins220 kilomètres carrés, étaient, il y a six cents ans, des campagnes fertiles etpopuleuses. Vers le milieu du treizième siècle, une grande inondation sub-mergea des villages et des îles entières, et depuis cette époque les chro-niques nous signalent plusieurs autres déluges. Le dernier désastre de cegenre est celui de 1654, qui balaya plusieurs îles dans les environs de Nord-strand et en noya les habitants. Ce qui restait de l’ile fut laissé à l’état de
1 Fack, Die Cimbrische Fluih; Mittheilungen des Natimvissenschaftlichen Vereins in Kiel, 1868.