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Livre III. L'Europe Centrale.
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ARMÉE ET MARINE ALLEMANDE.

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signalés à la fin de la troisième année au chef de l’état-major; c’est géné-ralement parmi eus que celui-ci choisit les militaires qui doivent le se-conder. Mais, à tous les degrés de la hiérarchie, les officiers d’état-major11 e sont promus au grade supérieur qu’après avoir repris un service actifpendant un an au moins. On voit combien est sérieux le travail exigé desofficiers dans l’armée prussienne : aussi est-il très-difficile, et môme presqueimpossible en temps de paix, qu’un simple soldat puisse s’élever au graded’officier; c’est pendant la guerre seulement (que des faits exceptionnels luipermettent de franchir les premiers degrés de la hiérarchie militaire, maisil lui faut toujours acquérir l’instruction qui lui a manqué au début. Lesroturiers, môme sortis des écoles de guerre, ne trouvent pas non plus lechemin aussi facile que les nobles, si ce n’est dans les armes spéciales del’artillerie et du génie : actuellement les commandants des corps d’arméeet les généraux de division sont tous nobles. Il est de principe dans l’arméeprussienne que la discipline est facilitée par la haute position sociale desfamilles auxquelles appartiennent les chefs; le soldat doit voir en eux desêtres supérieurs faisant partie d’une caste différente de la sienne. D’ailleurs,cette discipline est des plus sévères, presque féroce; les suicides sont fortnombreux dans l’armée 1 .

L’armée allemande, à l’exception de la garde qui se recrute dans toutesles parties de l'empire, se divise en dix-sept corps ayant pour lieux de gar-nison les villes de la province môme où les soldats ont été levés. L’Alle-magne est divisée, territorialement, en régiments, bataillons et comqiagniesde la landwehr; des poteaux placés à l’entrée des villages, comme à la ported’une caserne, indiquent les numéros de toutes les divisions et subdivisionsmilitaires auxquelles appartient la commune. Celte organisation régionalefacilite singulièrement la mobilisation des troupes; elle est surtout beau-coup plus économique*.

Les places fortes de l’Allemagne ne sont pas nombreuses : dans ces der-niers temps, plusieurs, môme de très-importantes, comme Erfurt , ont étédéclassées. Ce que veut le gouvernement, c’est de n’en posséder qu’un petitnombre, mais toutes assez vastes pour servir de grands camps retranchéset faciliter l’offensive. Les forteresses de l’empire ne sont maintenant, en ycomptant celles du littoral, qu’au nombre de 58, divisées en places de qire-

1 Suicides en 18G8 dans l’année allemande : 1 sur 2,258 soldats.

1 Répartition territoriale des corps d’armée :

1° Komgsberg; 2° Stettin ; 5° Berlin; 4“ Magdeburg; o°Posen ; G° Breslau ; 7° Munster ; 8° Co-blenz ; 9° Altona ; 10° Hanovre ; 11° Casse!; 12° Dresde ; 15° Stuttgart; 14° Karlsruhe ; 15° Stras-bourg. — Corps bavarois : 1° Munich ; 2° Wiirzburg.

ni.

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