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Livre VII. L'Asie Orientale.
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NOUVELLE (IÉOGK Al'lllH UNIVERSELLE.

supérieure à colle de la Chine el du .lapon dans leurs propres mers elsur leur propre territoire. Malgré les préparatil's de déiense, les estocadeset les Torts armés de canons d'acier, Peking nest probablement pas moinsà la merci des Russes quelle ne le Tut naguère à celle des Anglais et desFrançais . Sa position est des plus exposées : tant que cette capitale avaità craindre seulement les incursions des Mongols ou les soulèvements de iapopulation chinoise, elle occupait une excellente situation stratégique,dans le voisinage des montagnes fortifiées qui la protègent au nord-ouest,près du Grand Canal, qui lui apportait scs approvisionnements, et nonloin des tribus mandchoues quun signal faisait accourir au secours deleurs compatriotes menacés. Mais dautres ennemis que les Mongols et lesTaïping peuvent menacer actuellement la sécurité de lempire, et cestbien près de Peking que débarqueraient les troupes envoyées par le tsar.Si considérable que soit le nouvel outillage militaire de la Chine , si biendisciplinée à leuropéenne que puisse devenir larmée des « Braves el tou-jours Victorieux », le gouvernement chinois ne saurait espérer de pouvoirlutter avec succès tant quil dédaignera de mettre des voies ferrées au ser-vice de la guerre; mais il peut apprendre bientôt à le faire, et dailleurs unchangement de système et dhabiles alliances peuvent amener aussi un dépla-cement déquilibre dans la force respective des empires.

Quelles que soient les destinées politiques et militaires de la Chine etdu Japon dans leurs rapports avec les puissances européennes, unechose est certaine, cest que les nations de lOrient et de lOccident sontdésormais solidaires. Par les échanges des denrées et des marchandises,par les voyages des blancs civilisés dans lAsie mongole, des Chinois et desJaponais en Europe et en Amérique , par les émigrations et les immigra-tions permanentes, les civilisations se pénètrent mutuellement : ce que lecanon na pas fait, la liberté des échanges commence à le faire dune ma-nière bien autrement efficace; les frontières politiques, la diversité deslangues, des traditions, des lois, des mœurs, nempèchcnt pas que de partet dautre le rapprochement ne saccomplisse. Si des quartiers européens se construisent dans les cités de la Chine et du Japon , des villages chinoissélèvent en Amérique , au Pérou , en Australie , et. des comptoirs chinoissouvrent à New-York et à Londres . A ces changements extérieurs corres-pondent des modifications profondes : les idées séchangent aussi bien queles marchandises; Orientaux et Occidentaux arrivent à se comprendreet par conséquent à savoir ce quils ont de commun. Le monde est devenutrop étroit pour que les civilisations puissent se développer isolément, endes bassins géographiques distincts, sans se mêler en une civilisation supé-