Band 
Livre VII. L'Asie Orientale.
Seite
120
JPEG-Download
 

120

NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

appellation latine, la plus grande diversité dans la forme et les dimen-sions de ses feuilles. Au-dessous de ces arbres clairsemés, le sol est nu,gris de poussière ou blanc de sel ; la sève elle-même est saline, et parfoisles fissures du bois s’entourent de cristaux 1 . Quand l’arbre tombe, il nepourrit point; il gît sur le sol jusqu’au moment où les sables le recou-vrent, et ses feuilles brisées se mêlent à la poussière saline. Dans le désert,les tamaris et les autres rares arbustes croissent pour la plupart sur depetites buttes qui se sont graduellement formées, grâce au réseau des ra-cines entremêlées qui retiennent le sable, tandis que le vent l’emporte desespaces environnants ; sur les débris de l’arbre mort en naissent de nou-veaux, et peu à peu la butte n’est, plus qu’un amas de racines, que coupentles indigènes pour en faire, du bois de chauffage 2 .

Grâce à l’irrigation, les jardiniers et les agriculteurs du Turkestanchinois ont autour de leurs demeures une flore d’espèces cultivées beau-coup plus riche relativement que la flore des plantes sauvages. Des groupesde noyers ombragent les hameaux; tous les jardins des pays de, Khotanet de Yarkand ont leurs rangées de mûriers. Les poiriers, les pommiers,les pêchers, les abricotiers, les oliviers, les vignes grimpantes mêlent leursbranches dans les vergers et donnent d’excellents fruits. Des courges sesuspendent aux arbres, diverses de formes et se prêtant à tous les usagesauxquels veut les employer le jardinier; des melons se pressent sur lesol à côté du chanvre, du coton ou de céréales, riz, maïs, millet, orge oufroment. Des villes, des villages disparaissent en entier sous la verdure :les rues sont garnies de treillages, sur lesquels s’enroulent des pampres etdes lianes, retombant sur les passants en nappes de feuilles, de fleurs etde fruits; les terrasses des maisons basses sont ornées de plantes fleuries etparfumées, et les jardins resplendissent de l’éclat des roses. Même les peu-pliers qui croissent dans ces oasis diffèrent singulièrement de ceux desforêts naturelles : quelques-uns deviennent gigantesques, et leurs troncsont jusqu'à 5 mètres de tour 3 . Le voyageur qui vient d’échapper aux formi-dables solitudes du désert croit entrer dans un lieu de délices lorsqu’ilpénètre sous les ombrages, dans les jardins odorants.

Sur les bords du Tarim et de, ses affluents, 1e monde animal sauvageest aussi pauvre en espèces que le monde végétal. A l’exception des san-gliers et des lièvres, les autres quadrupèdes sont rares dans cette région;cependant le tigre, la panthère, le lynx, le loup, le renard, la loutre se

1 Prjevalskiv, De Kouldja au Lob nor (en russe).

- Kouropatkin, Kaeligarie (en russe) ; — Prjevalskiv, ouvrage cité.

5 Hemlerson, From Lahore to Yarkand .