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au pèlerinage de la Mecque et quelques-uns d’entre eux restent dans lepays 1 . Quoi qu’on lasse, les relations de race à race deviennent de pinsen plus fréquentes, et sur mille points à la fois se dresse celte questionmajeure de la conciliation entre blancs et jaunes, différents par l’idéal, lecaractère, les traditions et les mœurs.
Le séjour de tant de Chinois à l'étranger n’a certainement pas moins d’im-portance pour la rénovation de la Chine (pie n’en a la présence des étrangersdans le pays lui-même'. Observateurs patients, les Chinois gardent dans leurmémoire tous les enseignements que leur donne la pénible lutte de la vieet ils savent agir en conséquence, modiliant leurs procédés et s’appropriantles arts étrangers,’non avec l'entrainement juvénile du Japonais, maisavec résolution et une invincible persévérance. Orgueilleux de leur longpassé de civilisation, pleinement conscients de ce que telle ou telle dede leurs industries ou de leurs coutumes peut avoir de supérieur aux pra-tiques étrangères, les Chinois ne sont nullement tentés de se jeter à l'aven-ture dans l'imitation des modes anglaises : ils ne s’affublent pas desétranges costumes d’Europe , comme les Japonais, pour ressembler aux« barbares à cheveux roux », mais ils voient parfaitement quels avantagesils peuvent retirer îles inventions occidentales et ne les repoussent nulle-ment à cause de leur provenance. A l'exception des mandarins, qui ont dr>privilèges à conserver et qui s’efforcent par tous les moyens de maintenirl’état de choses existant, la masse de la nation comprend fort bien toutce qu’elle peut gagner par l’étude des sciences et des arts que lui appor-tent les Occidentaux. Les malades se pressent en foule dans les hôpitaux defondation européenne, à Tientsin , à Cbangbaï, Amoï. Eoulcbeou, Aingpo;la bizarre pharmacopée chinoise, où les remèdes magiques tenaient unesi grande place, se rapproche peu à peu de celle des Occidentaux: la vaccinea remplacé la dangereuse méthode d’inoculation par les narines, et des pra-ticiens sérieux, ayant étudié l'anatomie, la physiologie, l'hygiène, surgissentçà et là de l'innombrable tribu des empiriques. Des écoles européennes sesont ouvertes dans les villes commerçantes du littoral et les élèves n’ontété trouvés rebelles à aucun enseignement des professeurs étrangers; ilapprennent même la musique des « barbares ». à laquelle on les disaitjadis complètement insensibles, et grâce à l'extrême finesse de leur ouie,ils en deviennent des appréciateurs très délicats 5 . Malgré les difficultés sin-gulières que présentent les ouvrages traduits dans un langage si diflerenl
1 Wilfriil Illoimt, Fortnitjhtly lie vieil', aug. 1881.
3 Armand David , Journal de mon troisième voyage d'exploration dans l'Empire Chinois : —H. Wrrnrr, Die prenssische Expédition in China, Japon und Siam.