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en ap] rend à gouverner le pays, » dit mie inscription gravée sur la portedu palais académique de lVking. Pour conquérir chaque nouveau grade, ilfaut sulnr des épreuves successives, en sorte que radminislralion tout en-tière peut être considérée comme une grande école hiérarchique. Jl est vraiqucle gouvernement, lorsque le trésor est vide, se départit souvent de larègle et commet lui-mème le crime prévu par son propre code, de « vendrele droit pour des présents » : nombre de mandarins sont redevables deleur place, non à leurs études ou à leurs talents naturels, mais à leurargent; toutefois les administrés n’oublient point l’origine de ces fonction-naires et ne manquent pas de la leur reprocher à l’occasion. Quant auxmandarins militaires, Mandehoux d’origine, un grand nombre d’entre euxdoivent à leur nationalité d’arriver au commandement sans avoir passépar la série des examens ; mais, contrairement à ce que l'on voit dans laplupart des autres pays, ils sont considérés comme les inférieurs des em-ployés civils. Dans les fêles annuelles où les mandarins sont réunis, leslettrés se placent à l'orient, c'est-à-dire au côté le plus honorable, et lesniilitaires.se mettent au couchant; dans les temples de Confucius ils neparticipent point aux cérémonies par lesquelles la Terre se met en rap-port avec le Ciel. J’ils des conquérants, ils reconnaissent l’ascendant desChinois, les fils des vaincus, et la supériorité des arts de la paix sur ceuxde la guerre : « A l'empire qui est sous le Ciel, paix suprême! » telleest la devise que l’on voit répétée partout, dans les temples, sur les murset dans l’intérieur des maisons.
Dans toutes les grandes villes, un des principaux édifices est celui quirenferme les lieux d’examen : il consiste en une multitude de salles etde cours entourées de cellules pour les candidats, qu'on y introduit, mu-nis seulement de papier blanc, d’un écritoirc et de pinceaux; des sentinellesempêchent, toute communication entre les étudiants. Quelquefois jusqu'à dixou douze mille individus se présentent à la fois, et pendant plusieurs jour-toute cette population reste prisonnière, occupée à rédiger des essai-moraux et politiques, à commenter des textes choisis dans les livres sacrés,à composer des sentences et des maximes en prose et en vers. Il arrive par-fois que des candidats meurent d'épuisement dans leur cellule; dans ce cas.on perce la muraille extérieure pour y faire passer les cadavres, sans queles autres étudiants s’en aperçoivent.. A l’exception des individus apparte-nant aux castes méprisées, agents de .police.,•comédiens, barbiers, porteursde chaises, bateliers tankia, mendiants, descendant- de rebelles voués àl’infamie, tous sont admis au concours, et même les examinateurs fermentvolontiers les yeux sur la condition première des candidats, pourvu qu’ils