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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
taillées depuis des siècles sur les rochers de Bamian ont vu défiler devantelles bien des expéditions de guerre, de propagande ou de commerce quiont eu des résultats considérables dans l’histoire du monde. Les Mongols,les Turks, les Persans ont pratiqué ces routes du faîte asiatique, et main-tenant Russes et Anglais, campés les uns dans les plaines de l’Oxus , lesautres dans l'hémicycle fortifié dont Peehavcr occupe le centre, attendent,à ce que croient fermement les indigènes, le signal de l’escalade et descombats. En cet endroit, la largeur du plateau qui sépare la vallée dcPInduset les pentes tournées vers le Turkestan ne dépasse guère 500 kilomètres;Kaboul , que les armées anglaises ont déjà conquise trois fois, n’est qu’àune centaine de kilomètres du seuil élevé où commence ce versant dunord auquel o;i peut donner sans erreur géographique le nom de « versantrusse »; des canons anglais , des ambassades moscovites ont déjà franchi leseuil de Bamian. Au nord-ouest de l’Afghanistan, entre Merv et lierai, ilest un espace où le faîte disparaît presque entièrement, où nul obstaclene s’opposerait aux armées en marche. Il suffirait de quelques journées detravail à des escouades d’ouvriers pour tracer une route qui permettraitde se rendre en voilure des bords de la Caspienne à Kandahar 1 .
Dans son ensemble, l’Afghanistan peut être considéré comme une régionde passage : c’est le Roh, pays montueux mentionné simplement par d’an-ciens auteurs comme la région comprise entre Touran, Iran et Ilind 2 3 . Con-tinuation orientale du plateau d’Iran , il sépare les deux foyers de civili-sation, l’Inde et le bassin de l’Euphrate , et sa principale importance luivient des chemins qui réunissent les deux contrées. Les cités qui s’y élè-vent, dans les vallées fertiles, au milieu des oasis, à l’entrée des gorges,sont mentionnées dans l’histoire surtout en raison de leur valeur straté-gique et des avantages qu’elles offrent aux armées pour la conquête ou ladéfense de territoires éloignés. C’est ainsi que lierai, Kandahar, Ghazni ,Kaboul sont souvent désignées sous le nom de « clefs » de l’Inde . « Depuisl’antiquité la plus reculée, disait, en 1602, l’historiographe d’Akbar,Kaboul et Kandahar sont regardées comme les portes de l’IIindoustan :l’une y donne entrée du Touran, l’autre de l’Iran ; et, si ces places sontbien gardées, le vaste empire de l’Inde est à l’abri des invasions étran-gères 5 . »
Et pourtant, malgré les expéditions de guerre qui ont si fréquemmenttraversé le pays, malgré les efforts de nombreux explorateurs, dont quel-
1 Lessar; — IL Rawlinson, Proccedings of the Geographical Society, 1885.
2 Ravcrty, fiotes on A fghanistan and part of Baluchistan,
3 Abou’l Fazel, Ayin Ahbary.