50 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
des marais. Au sud du Naïzar les limites d’un ancien bassin lacustresont indiquées çà et là par des berges argileuses à la base desquellesvenaient frapper les eaux; quelques terrasses coupées brusquement surtout leur pourtour, comme des fonds de terre alluviale érodés soudain parl’abaissement des eaux, sont couvertes de plantes salines, excellent pâturagepour les chameaux et les moulons 1 . Une butte, le Kob-i-Kwadja, ou châ-teau de Roustem, qu’assiégea vainement l’armée de Nadir chah 2 * 4 , s’élèveisolément au milieu de la plaine; mais au nord de la région des marais,près des coteaux, se dressent plusieurs autres cônes rocheux, de formationbasaltique, comme le « château » de Roustem 7 ’. Au sud-est de la grandedépression du Seïslan, maintenant à sec, s’étend un autre bassin desséché,le Zirrch (God-i-Zirreh), couvert de poussière saline; tous les ruisseaux duBalouteliistan qui se dirigent vers celte dépression s’évaporent complè-tement à la sortie des montagnes : on peut juger de ce qu’est devenu l'an-cien lac par l’aventure de Mac Gregor marchant pendant deux jours et demisur ses bords avant de trouver un trou d’où suintât un peu d’eau sau-mâtre A Dans l’ensemble, la plaine du lac desséché de Seïslan ou de Rous-tem se développe en un croissant de 400 kilomètres de longueur, parallèleau cours inférieur du Jlilmend. Son altitude, évaluée diversement de 570à 470 mètres, est la cote la moins élevée de tout l’Afghanistan .
Des lacs actuels, connus par les Persans sous le nom de Ilamoun, —c’est-à-dire « Etendues », — ne sont que les expansions latérales des fleuvesarrivés dans la région sans déclivité du Seïstan. Les derniers voyageursnous montrent sur leurs caries deux de ces lacs, celui de l’ouest, que for-ment le Ilarout-roud et le Farah-roud, et le Ilamoun de l’est, dans lequels’épanchent le Kach -roud et le Ililmend. Du reste, ces nappes d’eau necessent de changer de place, comme les cours inférieurs des rivières quis’y déversent. Pendant la saison des crues, le Ililmend et les autres coursd’eau apportent des boues en abondance, et les déposant dans les parties lesplus basses de la cavité qui les reçoit, vont étaler plus avant leurs nappesd’inondation; pendant la période des sécheresses, au contraire, le fleuve,devenu trop faible pour atteindre le lac de crue, ne peut plus recrcusereu arrière le bassin déjà comblé, et son courant profite de la moindrebrèche des rives pour se rejeter latéralement dans la plaine. I.es canauxd’irrigation creusés à droite et à gauche du lit majeur facilitent les clian-
1 Nicolas do Klianikov, mémoire cite
5 Rorcsford I.ovett, Easlern Persia; — Journal of the Geographical Society , 187-4.
5 Lcech, Journal of the Asia/ic Society of Bengal, fehruary 1814.
4 Wanderinys in Balochistan.