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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

ancêtre, constituent autant de républiques distinctes. Chacun de ces petitsÉtats se divise lui-même en clans et en sous-dans, zai ou kheil, dontles moindres se composent de quelques familles. Tous ces groupes ontune constitution analogue : le moindre clan, le kheil le plus infime, ason chef, généralement choisi en raison de sa naissance, et l'ensembledes clans est gouverné par un khan, désigné par l’émir de l’Afghanistan dans la plupart des cas, mais parfois aussi élu par les membres de la tribu.Son autorité n’est pas absolue; l’assemblée des chefs de clans, la djirga,présidée par le khan, décide dans toutes les circonstances graves; elle seuledonne, par la connaissance des coutumes, la sanction dont le chef a besoinpour l’accomplissement doses actes. Il est rare que la tribu ne reconnaissepas la vraie souveraineté dans l’assemblée de ses anciens : le vieil espritde communauté domine encore. Ahmed chah lui-même, le conquérantde l’Inde , maître absolu des millions d’hommes s’agitant dans la plaine,n’était dans son propre pays que le premier chef parmi d’autres chefs,ses égaux en droit. Toutefois la balance du pouvoir varie singulièrementdans les groupes de familles afghanes, suivant les mille alternatives de riva-lités privées, de vengeances et de guerres dont le pays a presque constam-ment à souffrir : il arrive même que l’on choisit un dictateur, disposantde tous les pouvoirs pendant la période du danger; mais, après la lin destroubles, ce chef rentre dans la vie privée, sans droit supérieur à celui desautres membres de la tribu. Souvent aussi, des confédérations temporairesse font entre plusieurs kheil, et les djirga unies s’érigent en conventionspour la conduite de la guerre ou la conclusion de la paix. Même com-mandé par émir, khan ou djirga, l’Afghan aime à se croire libre. « Noussommes tous égaux! » dit une parole que l’on répète souvent aux vova-geurs anglais , et quand ceux-ci leur vantent la puissance monarchique :« Nous préférons nos discordes, disent-ils, nous préférons nos alarmes;que notre sang coule, s’il le faut, mais nous ne voulons pas de maître!»Si les désordres locaux sont fréquents dans lcPoukhtoun-khwa, il est certainque les tribus éloignées des villes échappent non seulement au régimed’oppression sans mesure, mais aussi aux révolutions générales qui déci-ment les populations de l’Asie Antérieure soumises au pouvoir absolu 1 .La plupart des tribus n’ont jamais eu d’esclaves : c’est un crime pourl’Afghan que de « vendre des hommes »; il les tue, mais ne les avilit pas.

Les pratiques de la vengeance héréditaire n’ont point disparu de l’Afgha-nistan et certaines tribus se font toujours la guerre, non pour un intérêt

' Mountstuart Elphinstone , ouvrage cité.