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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

mort, les coupables doivent se dénoncer, leurs demeures sont brûlées etils sont eux-mêmes bannis à jamais. La route qu’ils ont suivie pour s’en-fuir est tenue pour impure et les anciens du village offrent des sacrificesde propitiation au bord du premier torrent traversé par les fugitifs 1 2 . Dansles tribus de l'intérieur, la propriété est aussi respectée que l’honneurdes familles. L’objet perdu par un Kafir restera pendant des années à l’en-droit où il est tombé, sans que personne le ramasse. L’assassin renvoiescrupuleusement aux parents les dépouilles de sa victime. Les messagersqui parcourent le pays peuvent voyager sans crainte, pourvu qu’ils portentleurs lettres au bout d’une perche fleurie \

Les dialectes des diverses tribus ou gali diffèrent trop les uns des autrespour que les Kafir de districts éloignés puissent se comprendre mutuelle-ment; cependant les linguistes ont reconnu que la souche commune deslangages du Kafiristan est bien aryenne et se rapproche du sanscrit. Demême, les cultes des « Infidèles » appartiennent à la famille des religionsvédiques. Quelques noms de divinités, — tel celui d’Indra , appelé aussiimbra jiar certaines tribus, —rappellent ceux du panthéon des brahmaneset leurs sacrifices ressemblent aux holocaustes qui se célébraient autrefoissur les bords des Sept Rivières ; d’autres appellations témoignent de l’in-fluence qu’eut jadis le culte de Si va. Comme les Hindous, les Kafir ont unevague adoration pour le dieu suprême, mais leurs hommages s’adressentspécialement à d’innombrables divinités représentées par pierres, arbres,animaux ou effigies grossièrement taillées, dans le genre du fameux Yicli-nou de Djagganath : ce sont elles que l’on implore pour avoir la pluieou le beau temps, pour détourner la maladie, la disette ou la guerre. Cer-taines pratiques semblent aussi empruntées aux Guèbrcs : le feu est soi-gneusement entretenu, et nul souffle impur ne doit l’atteindre 3 . Le serpent,que l’on retrouve dans toutes les mythologie?, est un des êtres les plusvénérés par les Kafir; jamais ils ne tuent ce gardien des trésors cachés,de peur d’attirer quelque grand désastre sur leur pays. L’étranger quiaurait l’audace de pénétrer dans un de leurs sanctuaires serait précipité duhaut d’un roc.

Les Siah-Poch reconnaissent des frères d’origine dans la plupart destribus mahométanes des vallées avoisinantes. Ils savent que leur territoireétait jadis beaucoup plus considérable et qu’ils ont été graduellementrefoulés des plaines vers la région des neiges, en perdant non seulement

1 Trump[>, mémoire cité.

2 Masson, ouvrage cité.

5 Raverty; —Théobald, mémoires cités.