VILLAGES DU DARD1STA.N.
Sa
iices religieux, dominant pour la plupart des ruines fort étendues. Dans lavallée du Swat, il exisle encore une de ces constructions, parfaitementconservée, coupole ovoïde de 27 mètres de hauteur entouré de dix étagescirculaires de niches : le nom de ce sanctuaire, Chankar dar, semble rap-peler le culte de Chankar, l’un des noms sanscrits de Siva 1 . Des villagesfortifiés de la vallée du Swat, Tarrnah et Tchahil, enferment chacun unmillier de familles dans leur enceinte de murs; un autre était la rési-dence de l’Akhound, vieillard vénéré qui n’avait presque aucun pouvoirpolitique, mais que le bruit public dans l’Inde septentrionale représentaitcomme un prophète tout-puissant, menaçant la domination britannique etpouvant déchaîner contre elle, quand il lui plairait, des révoltés wahahitespar dizaines de milliers 2 3 . Dans la haute vallée de la Pandjkora ou rivièredes « Cinq Clans », qui s’unit au Swat, en amont de son entrée clans lePandjab , d’autres bourgs, appartenant à la nation darde des Bouchkar, sontplus grands que Tchahil : Tall et Ivalkot sont habités l’un et l’autre parquinze cents familles. Miankalaï, sur le même fleuve Pandjkora, mais dansla région inférieure du bassin, est la capitale du petit royaume afghande Djoundoul. Plus vaste est celui de Uir, dont le bourg central, dominépar une forteresse, est le point de départ du sentier qui s’élève vers le colde Laliori, puis redescend dans la vallée de Tehitral ou Kaskar, le lvaeh-gar de l’ilindou-koucb.
Des villes relativement importantes se succèdent le long du fleuve deTehitral, le Kounar, dont le cours égale celui de la Seine , mais qui rouleune plus grande quantité d’eau. Mastoudj, à 2500 mètres d’altitude, s’é-lève dans un charmant bassin de pâturages, à la rencontre des chemins deYasin, par le plateau de Chandour, et du haut Oxus par le seuil deBaroghil.Tehitral ou Tchitlal, dont les villages dispersés bordent le torrent des deuxcôtés de la vallée, est le chef-lieu de l’Etat le plus puissant de la régiondes montagnes : le militer ou badehah, qui réside dans le fort de la rivedroite, commande peut-être à 200 000 Dardes et lvafir, divisés en de nom-breuses tribus, de rang inégal, les unes dispensées de l’impôt, les autresasservies, obligées de fournir jusqu’à des esclaves de leur propre sang; lui-même est tributaire du malia radjah de Kachmir, auquel il envoie chaqueannée des chiens, des chevaux et des faucons \ Dans la région inférieuredu bassin fluvial se succèdent d’autres capitales : Asmar, Chigar Seraï etKounar , qui a donné son nom au cours inférieur du fleuve, où flottent de
1 Biddulph, Tlic Tribes of the Hindoo-Koosh.
5 Journal of the Asiatic Society of Bengal, 18ü‘2, n“ 111.
3 Biddulph. ouvrage cité.