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cha toujours à ce point stratégique? N’y aurait-il pas urgence à s’assurer lapossession de Farah, place forte située à l’angle sud-occidental des montsde l’Afghanistan et de la grande route militaire, à proximité des richescampagnes du Seïstan? Ne faudrait-il pas occuper aussi la forteresse duSeïstan, Lacli ou la « Falaise », bâtie sur une hutte entourée de murs cré-nelés, presque inexpugnables sans les nouveaux engins de guerre? Enfin, laplace de Sibzavvar ou Sebzar, qui tient en respect la tribu des Aïmak,pourrait-elle être négligée par le conquérant? Cette ville, qui a remplacél’ancienne lsfezar, est la dernière étape stratégique au sud de Ilerat, et desprophètes de malheur y marquent d’avance le conflit des armées. Au sud-ouest, entouré de grenadiers, le village tadjik d’Anardcreh occupe, près dela frontière persane , le pied d’une montagne fendue dans toute sa largeurpar une fissure qui n’offre nulle part plus d’un demi-mètre; c’est un coupd’épée d’Ali, dit la légende 1 .
Ilerat, « Porte de l’Inde », ainsi nommée de son importance straté-gique, et « Perle du Khorassan » — appellation qu’elle doit à la fertilitéde sa plaine et à la richesse de scs produits industriels, — est l’une desplus anciennes cités du monde, «la plus ancienne », affirment ses habitants,et à certaines époques de son histoire elle fut au nombre des métropolesles plus populeuses. A l’époque d’Alexandre, Aria était une grande cité. Audouzième siècle, disent les historiens persans, elle était la « reine, la glo-rieuse», et contenait dans scs murs « 444 000 maisons habitées, 1 000boutiques, 0000 bains publics et caravansérails» 3 ; au siècle suivant,Rjenghiz-khan s’emparait de la ville après six mois de siège et en faisaitégorger les habitants, au nombre d’un million six cent mille; quaranteindividus seulement auraient échappé aux recherches des Mongols et pendantquinze ans ils restèrent la seule population de l’immense entassement deruines. Précisément à cause de l’extrême importance de sa position, Ilerat futcinquante fois attaquée, cinquante fois détruite; cinquante fois elle se relevade ses décombres. Située sur les confins de la Perse et de l’Afghanistan ,elle n’a cessé d’être disputée par ces deux puissances limitrophes, et si ellese trouve encore sous la puissance de l’émir de Kaboul , quoique par lalangue des habitants et sa position géographique elle soit une dépendancede la Perse, la cause en est à l’Angleterre, qui intervint deux fois pourobliger les Persans à lever le siège ou à rendre leur conquête. De nos jours,l’équilibre politique a changé : la Russie est devenue la puissante voisine
* N. de Khanîkov, Mémoire sur la partie méridionale de la Perse orientale- Barbier de Mcynard, Dictionnaire de la Perse , par Yahout.
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