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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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VILLES ET INDUSTRIES DE L’AFGUANISTAN.

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IV

La faible densité de la population, l’hostilité des tribus et des races, lemanque de villes, de roules et de ponts ont pour conséquence nécessaireune grande infériorité de l’Afghanistan parmi les contrées asiatiques dansles travaux de l’agriculture et de l’industrie. Il est vrai (pie certaines valléeset quelques oasis des plaines sont cultivées avec soin et que les canauxsouterrains, les barrages, les rigoles d’irrigation témoignent d’un labeursoutenu pendant des siècles par des populations entières. Dans les districtsagricoles où la terre est divisée en petites propriétés et où chaque famillepossède la sienne et la travaille elle-même, sans la concéder à fermiers ouà métayers et sans employer les bras d’esclaves, la productivité du sol esttrès remarquable; souvent les habitants du pays ont pu, bien à contre-cœur, nourrir des armées d’invasion sans épuiser complètement les res-sources de leurs domaines. Mais en temps ordinaire le froment, nour-riture principale des Afghans , et les autres produits du sol ne serventqu’à l’alimentation locale ; le commerce d’exportation ne s’empare que desdenrées d’un faible poids et d’une certaine valeur relative, fruits conservés,graines et gommes médicinales. Situés au-dessus des plaines brûlantes,les plateaux tempérés et les vallées froides de l’Afghanistan devraient four-nir en abondance les productions de leur climat aux populations hindoues ;mais ce trafic est presque nul. L’activité industrielle des Tadjik de Kaboul et des autres cités afghanes n’alimente pas ntm plus un mouvement d’ex-portation ; les Povindah ou Coureurs vendent à leurs compatriotes beau-coup plus de marchandises européennes qu’ils n’ont de denrées afghanesà livrer en échange aux Anglais et aux Russes , aux Bokhariotes et auxHindous. Le gouvernement anglo-indien ayant renoncé à l’occupation deKaboul et de Kandahar a fait interrompre en même temps la constructiondes chemins de fer qui devaient rattacher ces deux villes au réseau de laPéninsule; les deux voies ferrées s’arrêtent, l’une à l’entrée du défilé duKhaïber, l’autre au pied des montagnes de Bolan; viaducs, ponts, tran-chées, endiguoments, tunnels, tout a été abandonné d’un coup, quoiqueces travaux représentent une dépense déjà faite de plus de 15 millions.Mais, tandis que ces entreprises sont délaissées, un autre chemin de fers’approche des frontières de l’Afghanistan, celui que les Russes con-struisent des bords de la mer Caspienne aux oasis turkmènes du Daman-i-koh. On se demande avec intérêt lesquels, des Anglais ou des Russes ,