114
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
montagne à escalader : c’est ainsi qu’en Espagne on descend de la Manchedans la vallée du Guadalquivir sans gravir la Sierra Morena .
A l’occident du Khirtar, le plateau du Baloutchistan s’abaisse pardegrés vers la mer d’Arabie. Une saillie de monts qui se dégage du faîtede Kalat pour se diriger vers le sud-ouest forme la ligne de partageentre le bassin du Mechkid et le versant maritime s’inclinant au sud.De nombreuses arêtes s’alignant pour la plupart de l’est à l’ouest, et toutesplus liantes et plus escarpées du côté du midi que du côté du nord, indi-quent les degrés de l’immense escalier; mais, si l’on ne tient pas comptedes mille irrégularités de détail, l’ensemble du plateau méridional secompose de trois marches, la plus liante ayant 1200 mètres d’altitudemoyenne, la seconde 600 mètres, et la troisième, qui longe le littoral,dominant lès flots de quelques dizaines de mètres. Presque toutes lessaillies de séparation entre ces degrés sont coupées de cluses ou de largesdétroits, de sorte que des caravanes d’hommes et de chameaux peuventtraverser le pays dans toutes les directions sans qu’il ait été nécessaire detracer des roules.
La côte du Baloutchistan , généralement désignée sous le nom de Mekran,se développe de l’est à l’ouest, parallèlement aux chaînes de l’intérieur,mais non sans de nombreuses sinuosités. Les roches gréyeuses ou lesterres argileuses du littoral que le heurt des vagues a coupées en abruptesfalaises, de 100 à 120 mètres de hauteur, et qui ne cessent de reculerdevant le flot, se succèdent uniformément, séparées les unes des autres pardes baies à courbe régulière, où la houle dépose le sable enlevé aux pro-montoires voisins. Il est peu de côtes sur le pourtour des continents oùl’on puisse étudier des exemples plus remarquables de massifs insulairesrattachés au continent par des isthmes de sable. La péninsule de Gvvadar,celle d’Ormara, qui s’avancent dans la mer en forme de marteau, limitantà droite et à gauche des nappes d’eau tranquilles, arrondies en un demi-cercle parfait, présentent un aspect analogue à celui de la presqu’île deGiens et d’autres îles tenant à la terre ferme par des levées sablonneuses.Mais il semble que le littoral du Baloutchistan ait notablement émergédepuis la formation de ces isthmes, car leur niveau est actuellement biensupérieur à celui des basses grèves : ou bien le littoral s’est exhaussé,ainsi que l’admettent la plupart des géologues, ou bien la mer s’est reti-rée. Malgré ces découpures du littoral, la côte du Baloutchistan n’offrepoint d’abris commodes aux grands navires. Nulle part, les eaux ne sontprofondes à proximité immédiate du littoral et c’est à trois, quatre kilo-mètres du rivage seulement que peuvent approcher les forts vaisseaux de