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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
part nègres ou croisés de sang noir, sont également au nombre des rési-dents de diverses races vivant sur le territoire baloutclie. Mais il s’y trouveaussi de purs nomades, parlant une langue spéciale, les Louri, qui ne dif-fèrent en rien des Tsiganes de l’Europe danubienne. Grands musiciens, ilsparcourent le pays en faisant danser des ours et des singes, dressés àde grotesques gambades. Chaque bande, commandée par un « roi »,a son diseur de bonne aventure qui prétend connaître les secrets de lamagie et qui prédit le sort par l’étude des mains, par la combinaison desnombres et la disposition des ligures que le sable dessine sur une plaquevibrante : c’est grâce à cette divination que les Louri réussissent le plussouvent à s’introduire dans les familles, pour y voler, dit-on, soit des objetsprécieux, soit des enfants; car, au Baloutchistan comme en Europe , l’opi-nion populaire accuse ces nomades de toute espèce de crimes aussi bienque de maléfices 1 .
Quant aux dominateurs politiques de la contrée, les Anglais , ils ne sontreprésentés dans le territoire de leur vassal, le khan de Kalat, que parun bien petit nombre de personnes. Leurs sujets et protégés de diversesnations sont nombreux dans le pays, mais les maîtres eux-mêmes ne semontrent que rarement sur le plateau, en dehors de la capitale et deleurs places fortes de Kwatah et de Khozdar. On ne les voit guère que dansles terres basses du Katchi-Gandava, aux abords des cantonnements mili-taires et de la voie ferrée, et dans les bourgs du littoral où se trouvent desstations du télégraphccontinenlal.
III
Plusieurs des provinces dans lesquelles se divise le Baloutchistan ne sonthabitées que de nomades et les « villes » n’y sont que des groupes de tentes.Les villages et les bourgs composés de véritables maisons ne se trouventque dans la partie orientale et dans les districts méridionaux.
Les Anglais n’ont pas daigné établir leur place de guerre dans le voisi-nage de la résidence. Sûrs de leur pensionnaire de lvalat, qui n’a pointd’armées à scs ordres et ne commande qu’à des tribus sans cohésion poli-tique, ils tenaient surtout à surveiller la frontière afghane et la routequi mène de Chikarpour à Kandahar . La ville de Kwatah (Quettah, Kot,Glial, Chal-kot), occupée par un détachement de l’armée des Indes, est