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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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CHAPITRE IV

LA PERSE

I

Ce nom de Perse ou Farsistan n’est appliqué de nos jours dans le paysmême qu’à une petite province du royaume. Les Persans désignent leurpatrie par l’antique dénomination d’Iran , qui d’ailleurs est employée géogra-phiquement pour toute la contrée des plateaux compris entre le bassin del’Euphrate et celui de l’Indus. Au point de vue historique, le mot d’Iran s’étend dans un sens encore plus large, comme contraste avec le mot deTouran : il se rapporte à toutes les populations civilisées, d’origine iranienne plus ou moins pure, qui, non seulement sur le plateau, mais aussi dans lesplaines de l’Oxus , se sont attachées au sol et se livrent à des industries lixesau milieu des nomades à demi sauvages venus du nord. Dans l’histoire del’Asie Antérieure, le nom d’Iran représente les traditions du travail etde la culture intellectuelle; il rappelle la longue durée de nations puissantesrésistant aux assauts des tribus barbares qui se succédaient de siècle ensiècle. Conscients et fiers de leur antiquité comme race policée, les Per-sans regardent avec mépris les populations des alentours, moins cultivéesou plus jeunes dans l’histoire de la civilisation; quels que soient les pro-grès des Occidentaux dans la science, les arts et l’industrie, ils se consi-dèrent néanmoins comme étant fort supérieurs en noblesse héréditaire àces tard-venus dans le monde. Il est certain que la part de l’Iran dansl’œuvre commune de l’humanité a été des plus considérables. On sait quepour les origines de leurs idiomes les peuples de langues aryennes sontramenés vers les plateaux où se parlait le zend, et que de tout temps le lan-gage de la Perse fut pour les populations voisines le dialecte civilisé parexcellence; encore de nos jours, Afghans et Baloutches affectent de parlerle persan pour grandir dans l’estime de leurs auditeurs. Même dans