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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

cialcs et locales se perpétuent entre les habitants d’origine différente, et nuldoute que cette lutte incessante n’ait contribué pour une forte part à lanaissance de la doctrine iranienne sur le conflit éternel des deux principes;mais du moins tous ces ennemis, se léguant de siècle en siècle la bataillesans fin, ne sont-ils point passés sans mêler leur sang et leur génie, ainsiqu’en témoignent l’histoire, les religions et les poèmes ! L’Iran était unlaboratoire où les tribus se modifiaient rapidement, différentes à leursortie de ce qu’elles étaient à l’entrée. A l’issue de l’étroit corridor desplateaux iraniens, les peuples émigrants trouvaient l’espace plus libredevant eux. D’un côté ils pouvaient descendre dans la vallée de l’Euphrate etgagner les côtes de Syrie et pénétrer en Egypte par le littoral, de l’autre ilsvoyaient s’ouvrir à l’ouest les routes de l’Asie Mineure et de l’Europe {tariesdétroits et la mer Egée , ou bien encore ils avaient le choix entre les cheminsde la Transcaucasie , communiquant avec les plaines sarmates par lesdiverses « portes » du Caucase, à l’est, au milieu ou à l’ouest de la chaîne.Ainsi divergent de la Perse occidentale les grandes voies historiques sedirigeant vers l’Égypte, l’Europe méridionale et les régions du nord.

Jadis presque inexpugnable au centre de l’immense édifice continental,la Perse ne se trouve plus de nos jours dans les mêmes conditions géogra-phiques. Au sud, la mer, qui défendait autrefois les abords de la contrée,invite au contraire les tentatives de l’étranger; au nord, la mer Caspienne ne va plus se perdre dans les solitudes inconnues, elle est contournée pardes roules militaires et des chaînes de colonies, et des lignes régulière-ment desservies par des paquebots font communiquer les ports et lesroules des rivages opposés. Ainsi la Perse qui, il y a deux mille années,n’avait rien à redouter sur ses flancs du nord et du sud, est précisé-ment menacée de ces deux côtés, et par les deux États prépondérants del’Asie, dont les capitales sont à Londres et à Saint-Pétersbourg . Entre cesrivaux, l’Iran n’a plus qu’une indépendance, fictive. Déjà en 1725 lesRusses s’étaient emparés pour un temps de toute la rive occidentale dela Caspienne ; depuis 1828 ils ont pris à la Perse ses provinces de laTranscaucasie , et par un récent traité ils ont modifié à leur profit lafrontière, naguère indécise, qui limite la région des Turkmènes; enfin,l’ilot d’Achour-adé, qu’ils occupent à l’angle sud-oriental de la Caspienne ,est un poste de surveillance d’où les Cosaques pourraient en quelquesjours se présenter devant la résidence du chah. Dans le golfe Persiquc,devenu « lac anglais », comme la Caspienne est un « lac russe», la supré-matie incontestée appartient aux consuls britanniques ; même une gar-nison de cipaycs occupe la pointe de Djask, à l’entrée du golfe, et la