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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE .

montagne est pénible, quoique la pente soit partout régulière et que lesnappes de lave et les talus de cendre ne soient nulle part coupés de préci-pices : pour se garantir du mal de montagne, que les exhalaisons du solcontribuent parfois à rendre dangereux, les gravisseurs ont l'habitude demâcher de l’ail ou de l’oignon. 11 arrive fréquemment que des chercheursde soufre périssent en des tourmentes soudaines, qui soulèvent à la foisles neiges et les cendres, mêlées aux vapeurs sulfureuses, et rendentl’atmosphère irrespirable. Des bords du cratère, dont la cavité, dépassant300 mètres de tour, est remplie de glace, on domine un immense horizon,de plus de 100 000 kilomètres carrés; mais il est rare que l’espace ne soitpas brumeux; à travers le voile gris des poussières et des vapeurs, on dis-tingue à peine au pied de la montagne les taches noires indiquant lesjardins d’Amol, et la nappe bleue de la Caspienne , limitée par la lignejaunâtre de la plage, recourbée en demi-cercle. Du côté des plateaux ira-niens, on devine, plutôt qu’on ne voit, les cités entourées de leurs jar-dins; il faut descendre sur les terrasses avancées pour avoir sous les yeuxle tableau précis de l’étendue, tachetée d’oasis, « pareille à la peau de lapanthère »'.

Au nord-ouest du Demavend, la chaîne de l’Elbourz prend la directiondu nord-ouest, presque parallèlement au littoral de la Caspienne , mais ense rapprochant peu à peu de la côte. Le Tolchal, la montagne dont la longuecroupe domine au nord la plaine de Téhéran , atteint l’altitude de 3900mètres, et plusieurs cols de cette partie de l’Elbourz dépassent 2300 mètres :il en est où des réduits en partie souterrains ont été aménagés près du seuilpour abriter hôtes et gens contre les tourmentes de neige. Au nord-ouestde Téhéran , une des cimes, non la plus haute, est désignée spécialementsous le nom d’Elbourz ; une autre, la montagne suprême des Alpes de laPerse septentrionale, est un de ces « Trônes de Salomon » qui se trouventen tout pays musulman : le Takht-i-Soulaïman de l’Elbourz n’aurait pasmoins de 4400 mètres de hauteur 5 ; au milieu de juillet, il resplenditencore de l’éclat des neiges, mais on n’y a point vu trace de glaciers, soitactuels, soit anciens 5 ; la Perse, où tant d’indices semblent témoigner d’unepériode antérieure des pluies et des neiges, n’aurait pas eu de période desglaces. C’est à faible distance au sud-est du Trône de Salomon, au-dessusde gorges d’un accès difficile, dominée par le mont Siyalar, que se dresse

* Kotscby, Mitlheilungen von Petermann, II, 1859 ; — Rosenburg, Miliheilungen der Gcorjru-phischen Gesellscliafl in Wien, mars 187(5.

4 Von Godcl-Launoy, Allgemeine Zeitung , oct. 1880.

3 De Filippi, ouvrage cité.