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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGKAPIIIE UNIVERSELLE.

plus abstraits, dùt-il arriver à l'hérésie. Du reste, il est convenu dans toutela Perse (pie chaque homme a le droit, de déguiser sa pensée et de confes-ser en apparence une loi qu’il renie en secret : même le chiite voyageant aumilieu des sunni peut, sans être accusé de lâcheté par ses coreligion-naires, se donner comme partisan de cet Omar qu’il exècre dans le fondde son cœur. Cette feinte religieuse est ce qu’on appelle le kclnian;personne n’en est dupe, mais tous font semblant d’y croire, et comptentsur la réciprocité pour leurs propres opinions. Les ouvrages des sectairespersans ont, comme ceux de maint philosophe du moyen âge, deux sens par-faitement distincts, le sens officiel et direct, qui est en tous points conformeà la théologie enseignée dans les écoles, et le sens caché, ^ ^ ', dont les

disciples ont la clef et qui se commente dans les conciliabules secrets'.

Il est donc impossible de suivre le mouvement des sectes dans le mondepersan : on ne les connaît que dans leurs traits généraux et l’on cherche-rait vainement à les énumérer. Chez les lliat les divers groupes de popula-tions comprennent toutes diversement le mahométisme, et même les «Gensde Vérité », ainsi que se nomment les A1 i-Allahi, la pratiquent des ma-nières les plus différentes. Telle tribu loure, d’après Terrier, vénère le grandsaint Baba Bouzourg, tandis qu’elle ignore Mahomet . Les Kirindi, quivivent près de Kernianchah. ont pour dieu leur ancêtre Daoud et sont for-gerons comme lui. Les Baloulchesde la l'erse, que Ton dit sunni, sont pourla plupart sans religion et se bornent à déchirer des lambeaux de leurs vê-tements pour l’attacher aux buissons ou à jeter des pierres sur les las quis’élèvent au bord des chemins. Dans le Mazanderan , des peuplades de bû-cherons ignorent aussi Mahomet , et dans les régions du sud-est de la Persemaint lettré, qui cite toujours llaliz, tandis qu’il connaît à peine le Coran ,n’est pas éloigné de mettre le poète de Chiraz à la place du prophète 2 . Chezles Persans policés, la doctrine la plus commune, déguisée comme toutesles autres sous le voile du ketman, est celle des Souti. Au fond, ils ne tien-nent aucun compte des pratiques musulmanes, (pii pour eux sont une pureapparence, ne révélant, en rien la pensée intime de l’homme intérieur. Déjàdans le quatorzième siècle, la voix de Chemseddin, plus connu sous le nomde Ilafiz, proclamait en vers admirables la morale humaine en dehors detoute formule mystique et de tout espoir de récompense. Se répétant ces

1 Population de la Perse, classée par religions, d'après lloutum Scliindler :

Chiites.0 801) 000

Sunnites el autres sectaires. . 700 000

Arméniens. 45 000

a Floyer, inc.iplorccl Ualuchidan.

Nestoriens. 25 000

Juifs. 19 000

Guèbres. 8 000