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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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YEZD , BAIIRAMABAD, KIRMAN.

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porter, et les maisons, de même que celles de Yczd, de Maïbout et autresailles du centre de la Perse, sont coiffées d’un badghir ou ventilateur enforme de tour, dans lequel s'engouffre Pair pour rafraîchir les apparte-ments inférieurs. Encore à la fin du siècle dernier, douze mille famillesguèbres résidaient à Kirinan et dans les villages avoisinants, mais lespersécutions et les conversions forcées ont ré<’ ~ t la communauté à unfaible chiffre : ils sont quinze cents à peine. Depuis la visite de Marco Polo ,Kirman a perdu l’industrie des armes, mais ses broderies, ses tapis sonttoujours estimés et l’on y fabrique des châles, inférieurs à ceux de Kaclnniren exquise douceur au loucher, leurs égaux en finesse de tissu et en élé-gance de dessin 1 * : on se sert de kurk ou fin poil de chèvre, mêlé à la soiepour la fabrication de ces étoffes, qui s’expédient ensuite dans toutes lesparties de la Perse et même à l’étranger, par Bandar-Abhas. Kirmanenvoie aussi le kark de chèvre aux fabricants d’Ainritsar, qui le mêlentdans leurs tissus au paclun du Tibet *. La principale station de la routede Kirman à Bandar-Abhas est la ville industrieuse de Saïdabad, oumieux Seïdabad, la « ville des Seïd », entourée de rivières qu’alimententles monts neigeux, mais qui s’épuisent à une faible distance : le sablejaune contraste avec la plus riche verdure.

Ivi rman est, au sud-est de la Perse, dans les contrées de l’intérieur, ladernière station où parviennent les lettres et les dépêches d’Europe 3 : levoyageur qui s’aventure au delà, d’oasis en oasis, ne retrouvera de com-munications avec le monde civilisé qu’en descendant vers le littoral duBaloutchistan ou en gagnant à l’est la vallée de l’indus. Presque toute lapopulation se compose de Baloutelles nomades qui poussent devant euxleurs troupeaux de chameaux, de chèvres, de brebis; leurs villes et leursforteresses ne sont que des lieux de refuge contre les pillards.Pourtant ilne manque pas de terrains fertiles dans les vallées, que Marco Polo trouvacouvertes de cités, de villages et maisons de plaisance; même quelquespentes de montagnes présentent le spectacle de vastes forêts, bien raredans la Perse orientale. Un des sites les plus charmants est la campagnequi entoure la mosquée de Mahan ou Malioun, à 26 kilomètres au sud-est de Kirman : le bel édifice décoré de faïences émaillées, sur lesquellesfrissonne l’ombrage de platanes centenaires, recouvre les ossements deNimct oullah, le « Aostradamus de la Perse ». Rayin ou Rayoum, situéplus au sud-est, entre le mont Djoupa et le Djamal Baris, est un énorme

1 Yale, The Booli o/ ser Marco Polo .

- Yule; — Floyer, Cnexplored Baluchistan.

3 Gasteiger, ouvrage cité.

IX.

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