BOUROUDJIRD, D1ZFOUL, CIIOÜSTER.
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La rivière de Dizfoul, le principal affluent du Karoun, prend naissancecomme le Gamas-ab, branche maîtresse de la Kerkha, dans une des hautesvallées longitudinales qui séparent les chaînes parallèles et forment lerebord du plateau. Tandis que le Gamas-ab coule au nord-ouest vers A'eha-vend, le Dizfoul descend au sud-est vers Bouroudjird, fameux par sesbeaux pâturages, où paissent les chevaux par milliers, puis, perçant succes-sivement chacune des arêtes rocheuses duLouristan, entre à Dizfoul dans larégion des plaines. Il serait impossible de suivre le cours de la rivière parles cluses où elle se glisse; il n’existe qu’un sentier de Bouroudjird àDizfoul, et ce chemin, qui escalade toutes les chaînes parallèles des rochers,n’est pas même en entier praticable aux vaillants chevaux persans. Bouroud-jird, ville dont la muraille a 10 kilomètres de tour, est fort industrieuse,et de cent kilomètres à la ronde les Louri viennent y acheter des feutreset des étoffes, donnant en échange chèvres, brebis, chevaux et mulets.Dizfoul, située dans le voisinage de Suse , peut être considérée commel'héritière de cette grande cité : les petits bateaux remontent, mais trèsirrégulièrement, la rivière jusqu’à la ville et chargent les laines, lescotons, les indigos, les céréales, le bitume, le soufre qu’apportent lespaysans des alentours ; l’industrie locale est très active ; les marais desenvirons produisent les roseaux dont on fait les meilleures plumes, expé-diées dans tout l’Orient, de Constantinople à Calcutta 1 . Actuellement, Diz-foul, le « Manchester » du Khouzistan , est la plus populeuse ville de toutela Perse des plaines. Au nord-est est le fameux Kalch-Diz ou château duBoc, ainsi nommé d’une tour naturelle qu’on escalade au moyen d’échelles,de cordages et de marches taillées dans la pierre : cette forteresse naturelle,complètement inexpugnable, est la résidence d’un chef bakhtyari, qui faitcultiver les champs du plateau supérieur; il y possède quelques troupeauxde brebis, jadis sauvages, que l’impossibilité de fuir a fini par apprivoi-ser. Les animaux de labour sont hissés et descendus par des cordes *.
Chousler, ou la « Petite Suse », sur le Karoun ou Kouran, était la pre-mière ville de l’Arahislan avant la peste de 1852; depuis cette année fatale,qui la laissa presque déserte, elle a de nouveau grandi. Comme Dizfoul,elle a l’avantage de se trouver à l’entrée de vastes et fertiles plaines, sur unfleuve, sinon facilement navigable, du moins accessible aux embarcations,et de plus elle est le point de départ indiqué pour la route qui, tôt outard, se dirigera vers Ispahan à travers le pays des Bakhtyari. Les tra-