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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
El-Nedj ou Er-Roumem, qui prend naissance à cinquante kilomètres en-viron du littoral de Madian , puis décrit une grande courbe vers lesud dans 1 intérieur de l’Arabie et vient aboutir au lias Euphrate , aprèsun développement d’au moins 2000 kilomètres. Ce « fleuve sans eau »témoigne des changements considérables de climat qui se sont accomplisdepuis 1 époque où les pluies ont pu sculpter ainsi le versant oriental de1 Arabie. Si l’on tenait compte de toutes les eaux passagères qui, mêmedu fond de l’Arabie, s’écoulent sur le versant mésopotamien , la superfi-cie du bassin de l'Euphrate et du Tigre, évaluée à près de 500 000 ki-lomètres carrés, serait accrue d’un tiers environ. Tes embouchures desouadi sont quelquefois dangereuses à traverser, même lorsqu’il n’y a pointd’eau et que le fond en paraît tout à fait uni. Pendant les fortes chaleurs,le sol se lcnd en crevasses larges et profondes, que les premières pluies,entraînant des sables fins, recouvrent de silicates en pellicules, mincescomme des feuilles de papier. Les voyageurs ont à marcher avec la plusgrande précaution quand ils se risquent sur ce terrain trompeur 1 . Entredeux de ces ouadi, le Koubeïssah et le Mohammedich, qui descend dessteppes occidentales, immédiatement au-dessous de la ville de Ilit, s’éten-dent de vastes couches d’un sol bitumineux, revêtues de gypse et d’argile.D’innombrables buttes grises, qui s’élèvent au-dessus de la plaine commeles tentes d’un camp, épanchent à leur base de l’asphalte eu sourcesfumantes, d’une température moyenne de 25 à 50 degrés centigrades. Leliquide visqueux serpente sur la terre noircie et descend lentement versl’Euphrate .
A l’endroit où le fleuve occidental se rapproche le plus du Tigre et oùles deux courants descendent parallèlement à la distance moyenne de55 kilomètres, c’est l’Euphrate , plus élevé que la rivière, tle l’est d’environcinq mètres, qui arrose la plaine intermédiaire. Il paraît probable qu’à uneépoque antérieure il allait rejoindre le Tigre, car la pente du premierfleuve à l’autre est uniforme, sans aucun seuil intermédiaire : c’est parl’érosion continuelle de sa rive droite et le dépôt des alluvions sur sarive gauche que l’Euphrate s’est ainsi éloigné du Tigre, mais il lui envoieencore des courants latéraux 8 . S’appauvrissant ainsi au profit des cam-pagnes de Bagdad et du Tigre qui reçoit l’excédent du flot, l’Euphrate diminue peu à peu; en outre, une grande partie de ses eaux dépasse lesdigues mal entretenues et se répand dans les marais de la plaine, dans
* Thielmann, Slreifziige im Kuukasiis, im Persien utul in dey Asialisdtcn Tiiikei.- Augustin Ilausdorf; — Friedrich Dclitzsch, IFo lag das Paradies?