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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Hamrin, où l’on voit des sources de naplite jaillir du fond de la rivière enbouillons noirs cl recouvrir au loin l’eau jaunâtre de leurs pelliculesirisées Un énorme château ruiné, où naquit Saladin , domine les maisonsbasses de la bourgade moderne de Tckrit. Une des nombreuses EskiBagdad ou « Vieille Bagdad », près de la prise d’eau du Nahrwan, occupel’emplacement d’une ville inconnue, peut-être Ilarounieli, la cité dufameux calife Ilarouu ar Baeliid; Samara, qui se voit également sur la rivegauche, dans la plaine qu’arrosent les canaux dérivés du Nahrwan, n’estplus qu’un faible village, mais elle fut au neuvième siècle capitale del’empire des califes. Près de là se voient les restes d’un rempart de terreque les Arabes appellent la « muraille de Nimroud ». Est-ce un fragmentde la « muraille Médiquc » le rempart qui défendait jadis les campagnesde la basse Mésopotamie contre les incursions des barbares du Nord?
Bagdad (Baglidad), qui porte officiellement le nom de Dar-cs-Salam ou« Demeure de la Paix », s’élève sur l’emplacement d’une antique cité, dontOppert explique l’appellation par le mot persan Bagadata ou « Dieudonné 2 » ;mais il ne restait plus que des ruines lorsque Bagdad fut rebâtie dansla deuxième moitié du huitième siècle par Abou-Djaffar-Al-Mansour :elle se trouve dans une région où le croisement des voies historiquesdevait nécessairement faire surgir une grande cité. Détruite sur unpoint de la contrée, la capitale devait renaître sur un autre; tantôtc’était Ctésipbon, tantôt Sélencic : c’est ainsi que d’un arbre abattu sur-gissent les rejetons. En cet endroit le Tigre s’est assez rapproché de l'Eu-phrate pour que les deux fleuves, unis par leurs canaux, forment unmême système hydrographique; la vallée de la Diyalah vient rejoindre leTigre et présente la meilleure porte d’entrée pour s’élever vers le plateaud’Iran et y pénétrer par la brèche la plus facile des montagnes bordières-.Comme Erzeroum pour la Médie, Bagdad est pour la Perse proprementdite le point de départ obligé des caravanes. Mais son importance mêmeattirait les conquérants : il est peu de cités où tant de ruines aient exhausséle sol. Tandis qu’en creusant la terre on trouve encore des restes de gale-ries dont les briques portent le nom de Nabuchodonosor 5 , on ne sait pasmême où l’on doit chercher les vestiges du palais qu’habitait le fastueuxIlaroun ar Baeliid, contemporain de Charlemagne ; Bagdad 11e conserve plusde cette époque de richesse et de puissance que les murs dépouillés dutombeau de Zobéide, la femme préférée de Ilaroun.