DJARABIS, ORFA.
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dont Alep occupe le fond 1 * . Los ruines romaines sont nombreuses dans cetterégion, qui fut, pendant quatre siècles, frontière de l’empire : sur la rivedroite de. l’Euphrate , non loin du confluent de Sadjour, se voient sur lafalaise, à Djarabis (ou Djerablous), les restes d’un temple que l’on croyaitnaguère être celui de l’ancienne Europus. Les fouilles des explorateursanglais Ilendcrson et Condor ont mis hors de doute que ce sont là lesruines de Karkhcmieh, la capitale si longtemps cherchée du peuple mys-térieux des Hittites ; les sculptures taillées sur les dalles de basalte etde calcaire sont d’un style qui rappelle celui de l’Assyrie , mais qui ontcependant un caractère original; les inscriptions ont été gravées en hié-roglyphes 5 . Au sud du Sadjour, limite commune des langues arabe etturque , est une autre cité ruinée, que visitent les archéologues, Ram-byee, la Mambidj actuelle : c’est une des nombreuses Ilierapolis jadisconsacrées au soleil et à la «grande déesse » : on lui donnait aussi le nomde Magog.
A l’orient de Biredjik, Orfa (Ourfa ), l’antique Rohas et l’Édessc desCroisés, est la première grande station des caravanes sur la route de Mos-soul. Cette ville, située sur la rive occidentale du Kara tcliaï, affluent del’Euphrate par le Nahr Belik, s’appuie aux collines avancées du Top-dagh,connue au moyen âge sous le nom de « montagne Sainte », à cause desnombreux monastères bâtis sur ses pentes. Le château d’Orfa, construit,ainsi que de nombreuses forteresses sur la frontière, par Justinien ,l’un des plus grands constructeurs qui aient existé 3 , s’élève sur un contre-fort escarpé, que des fossés taillés dans le roc vif à 12 mètres -
deur, isolent de toutes parts 4 ; une enceinte triangulaire, flanquée de tourscarrées, se rattache aux fortifications du château et sépare la ville des bos-quets verdoyants et des jardins fertiles au milieu desquels se ramifient leseaux du Kara tcliaï; du terre-plein de la forteresse, on voit à ses piedstoute la ville, avec ses coupoles et ses minarets, la ceinture des vergers et lespentes des collines environnantes, couvertes de vignobles. Une source, l’an-tique Callirhoé, jaillit à la hase du château et remplit un étang sacré où sejouent des cyprins également vénérés des juifs, chrétiens et musulmans;une mosquée, consacrée au patriarche Abraham , le Ivhalil ou « Ami deDieu », reflète ses murs dans l’eau tranquille et des grenadiers, des cyprès,des platanes, ombragent les degrés de la margelle où viennent s’asseoir les
1 Rousseau; — Cari Riltcr, Asien . vol. X ; — Cernik, ouvrage ciié.
- Sachau, Reise in Syrien nml Mesopotumien.
5 E. Desjanlins, Notes manuscrites.
4 G. Rey, Les Colonies franques de Syrie aux douzième cl treizième siècles.