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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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ASIE MINEURE, TAURES.

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mination à peine modifiée. D’après la plupart des écrivains de l'antiquité,le Taurus est 1’ensemlde de toutes les lignes de faîte qui, des promon-toires occidentaux de l’Asie Mineure aux rivages inconnus de l’ExtrêmeOrient, forment le diaphragme de l’Asie . De nos jours, ce nom est encore' d’une manière générale à plusieurs chaînes distinctes de l’AsieAntérieure, mais on prend soin d’ordinaire de préciser chaque région desmontagnes par la désignation de la province où elles s’élèvent. Ainsi leTaurus arménien est l'ensemble des massifs de l’Arménie sud-occidentaleque traverse l’Euphrate pour s’échapper vers les plaines de la Mésopotamie ;le Taurus cilicien est le bastion d’angle qui s’élève au sud-est du plateaude l’Asie Mineure au-dessus de la vallée du Scïhoun; puis les Taurusd’Isaurie, de l'isidie, de Lycie se succèdent de l’est à l’ouest. Tes nomsturcs locaux, dont le sens est moins vague, s’appliquent aux saillies mon-tagneuses ayant une individualité précise.

Tandis que dans la haute Arménie et le Pont, au nord du Mourad, l’ossa-ture continentale est formée par les chaînes politiques, voisines de la merNoire , c’est vers la Méditerranée que l’épine dorsale des terres émergées sereporte dans l’Anatolie ; mais un faite transversal réunit les deux systèmesde montagnes en suivant la direction du nord-est au sud-ouest, qui estcelle de tous les traits du relief géographique dans cette partie de l’AsieMineure, monts, vallées et plages. T.e premier chaînon du faîte qui rat-tache les Alpes politiques au système des Alpes ciliciennes est le Karabel-dagli, interposé entre la grande courbe de l’Euphrate à Egliin et les hautsaffluents du Kizîl irinak. Son altitude est considérable, puisque la cime laplus élevée atteint 1704 mètres; mais le socle de hautes terres qui le porteest à 1500 mètres : relativement aux plateaux environnants, il n’est doncqu’une humble rangée de collines. C’est le commencement du systèmemontagneux de l’Aiili-Taurus, qui se développe vers le sud-ouest en rem-parts parallèles, d’autant plus hauts en apparence que leur hase est plusprofondément érodée par le Scïhoun et ses affluents. D’ailleurs ces mursde rochers, coupés de distance en distance par des brèches étroites etd’accès difficile, s’élèvent réellement en avançant dans la direction du sud;jusqu’au mois de juillet, les cimes du Khanzir-dagh ou « Mont desSangliers », du Bimbogha-dagh ou « Mont des mille Taureaux » et autreschaînes de l’Anti-Taurus sont blanches de neige ; dans mainte anfrac-tuosité rocheuse, des névés persistent toute l’année. Un des sommetsdu Kozan-dagh a 2812 mètres; à l’est du Scïhoun, une des pointes duKermcz-dagh atteindrait même 5200 mètres. Les abondantes pluies quereçoit cette partie méridionale de l’Anti-Taurus, comparée aux plateaux