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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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478 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

toujours dans le profond cratère, où elles forment même de véritables gla-ciers.

Encore à l’époque de Strabon , le mont avait un reste d’activité volca-nique. Les pontes étaient couvertes de forêts, — qui ont disparu, — maisla plaine était « minée par un feu intérieur », d’où jaillissaient fréquem-ment les flammes; au cinquième siècle de l’ère vulgaire, Claudion décritles « sommets embrasés » de l’Argée. Tcbibatcbeff parle de monnaiesretrouvées dans les environs de Kaisariéh qui représentent la montagneen éruption. De nos jours, on n’a point observé de fumerolles ni de sourcesd’acide carbonique sur les pentes du volcan et des cônes d’origine ignée quil’entourent; mais partout l’aspect des scories, des coulées de laves et descratères est celui que présenterait un foyer d’explosions à peine refroidi.L’Ali-dagb au nord-est, le Sevri-dagli au sud-ouest, et d’autres montagnespar centaines, tertres ou simples buttes, qui s’élèvent dans la région vol-canique, ont conservé leurs cratères. De tous les sommets volcaniquesappartenant au système de l’Argée, les plus élevés, après le volcan principal,sont les cimes du llassan-dagb, qui ont près de 5000 mètres; au sud-est,il se rattache à d’autres monts, à peine moins hauts, ceux du Aecbil dagh.qui se termine au-dessus des plaines par de brusques parois et descolonnades basaltiques ; au sud-ouest, la chaîne volcanique va rejoindrele Karadja-dagh, qui se prolonge jusqu’à 200 kilomètres de l’Argée.Un des cratères du Karadja présente une forme des plus curieuseset peut-être unique. La butte circulaire, que l’on voit à 8 kilomètresau sud-est de Karabounar, au milieu d’un petit lac salé, présente ausommet une coupe ovale dont le bord s’élève graduellement du côtéde l’est et se termine en saillie surplombante 1 ; sans doute les ma-tières liquides projetées par le cratère se sont figées sur l’orifice etl’ont ainsi fait saillir en dehors du cône comme le déversoir d’une am-phore.

A l’ouest du Taurus cilic-ien, toute la région avancée du littoral compriseentre le golfe de Tarse et celui d’Adalia est occupée par un labyrinthe demontagnes, le Taurus d’Isaurie ou de la Cilicie Trachée. Les géographesn’ont pu encore identifier sûrement, parmi ces massifs, ceux qui avaientreçu des anciens les noms de Cragus, Imbarus, Andricus. D’ailleurs cesnoms s’appliquaient surtout aux montagnes qu’on voyait de la côte, quelle

■je fut leur importance relativement aux pics plus élevés de l’intérieur. Legroupe principal de toute la région est le Gôk-kouh ou « montagne du

1 Tchihatclieff, ouvrage cité ; —Ainsworlli, Travels in Asia Minor.