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NOUVELLE GEOGRAPHIE UNIVERSELLE.
dans le voisinage immédiat et un ruisseau serpente sous l’ombrage. Sou-vent les pâtres des environs viennent préparer leurs mets à la flamme‘de laChimère ; elle se refuse, dit la légende, à euire les aliments volés. Uneautre ouverture du rocher, semblable à celle du Yanar, est maintenantéteinte et l’on n’y observe aucun dégagement de gaz. Parfois, disentles habitants, on entend un mugissement sourd retentir dans la montagnede Takhtalou 1 2 . Celte région de la I.ycic était connue jadis sous le nom deMont Phénix et l’un des villages de la contrée en a gardé l’appellation dePhineka. Des aigles et des vautours planent incessamment au-dessus de laroche embrasée de la Phénicie asiatique. N’est-ce pas à ce fait, demandeUellows ! , qu’il faut attribuer la légende du phénix renaissant de sescendres?
Les promontoires de ia Lycic, comme ceux de la Cilicie Trachée, se ter-minent presque tous par de hautes parois, d’un calcaire blanchâtre quicontraste avec leurs sombres forêts de pins. Le littoral, découpé en nom-breuses péninsules, s’essaye à former quelques îles, comme pour annoncerles archipels des côtes occidentales. Les noms donnés par les marinsgrecs ou italiens commencent à prédominer : ainsi l’île principale de lacôte, Castel-Orizzo, doit probablement cette appellation (Castcl-Rosso) auxnuances rougeâtres de ses rochers; le promontoire et les îles de Chelidanou Chelidonia, à l’angle sud-oriental de la Lycie , prennent leur nom deshirondelles qui tournoient en nuages autour des rochers; plus loin, sur lacôte orientale, s’ouvre le port Gcnovese. Il est peu de parages dans la Médi-terranée où les courants maritimes aient plus de force que dans les détroitsdes îles Chelidan; le flot, qui se porte constamment des côtes de la Syrie vers l’ouest, en longeant le littoral de l’Anatolie , vient frapper au sudd’Adalia les falaises qui se présentent en travers de son cours comme unedigue énorme, et, se rejetant vers la gauche, il s’échappe rapidement vers lahaute mer par les issues que lui offre le petit archipel de Chelidan; encertains endroits, la vitesse du courant approche de 5 kilomètres à l’heure.Ces îles sont aussi fort curieuses par leurs fosses d’effondrement; trois sontcoupées d’une rive à l’autre par une allée aussi régulière que si la tran-chée eût été faite de main d’homme : on dirait que la roche a cédé immé-diatement au-dessous et que les assises surincombantes se sont affaisséesen bloc jusqu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Une autrecuriosité de ces parages est un petit ruisseau d’eau douce, qui coule dans
1 Francis Beaufort, Caramania; —Spratt and Foi' bes, Tratels in Lycia.
2 Travels and Researches in Asia iïinor.