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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

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l’Iris. Agglomération de masures en terre et en briques cuites au soleil,Tokat pourrait être facilement reconstruite en marbre, car elle est dominéepar deux sommets abrupts de calcaire cristallin, qui fournit les plusadmirables matériaux de construction ; les schistes fissile s sur lesquelsreposent ces marbres se taillent en larges dalles, que les Turcs emploientpour les tombeaux. Le rocher du nord porte les ruines pittoresques d’unchâteau byzantin, et sur l’une de ses parois s’ouvrent, des grottes naturelleset artificielles qui servirent probablement de nécropole, un porche, auseuil duquel un reste d’escalier est suspendu, donnait jadis accès aux ga-leries souterraines. Les jardins qui reçoivent 1a chaleur reflétée des rocs demarbre et qu’arrosent des eaux abondantes, dérivées de l’iris, donnent desproduits excellents; leurs pommes et leurs poires sont encore meilleures etplus parfumées que celles d’Angora, renommées dans toute l’Asie Mineureet jusqu’à Constantinople. Tokat possède une fonderie de cuivre où l’onapporte du minerai extrait des gisements de Kaban-Maden, au delà deSivas. Llie expédie des ustensiles de ménage jusqu’en Egypte , en Perseet dans le Turkeslan.

En aval de Tokat s’étend, aux bords de l’Iris, la plaine fertile de Kaz-ovaou « Plan des Oies », dont le gros bourg de Tourkhal garde l’extrémité:au-dessus des maisons et des jardins, se dresse une roche complètementisolée, à forme pyramidale, que des saillies, contournant, obliquementles parois, font ressembler d’une manière frappante à un temple assyrien ,tel que nous les montrent les plans restaurés. Une forteresse ruinée cou-ronne le rocher de Tourkhal. Au sud-ouest de la vallée, dans une plainequ'arrose un tributaire de l’Iris, la ville considérable de Zilleb, l'ancienneZela, presque exclusivement peuplée de Turcs, groupe également ses mai-sons au pied d’un haut rocher détaché des collines environnantes et portantune forteresse. Au sommet s’élevait un temple de la déesse Anahit, édificevénéré que les anciens rois de Perse, dit Strabon , considéraient comme lesanctuaire par excellence de leurs divinités. C’est probablement la forcede la coutume qui a fait de Zilleb un des lieux de foire les plus fréquentésde l’Asie Mineure; à la foule des pèlerins attirés jadis par la sainteté dutemple a succédé le concours des marchands. Au nord de Zilleb, sur la routed’Amasia, on voit le champ de la bataille que César livra contre Pharnace,roi du Pont, et qu’il décrit si brièvement : « Venu, vu, vaincu 1 ! »

Amasia, où naquit Strabon et où fut rédigé son grand ouvrage, remplitun étroit bassin que traverse l’Iris, uni presque immédiatement en aval au

1 G. Perrot, Mémoires (l’Archéologie, d’Épigraphie et d'Histoire.