nord-ouest parsèment d'un sable fin, rattacliont les hauteurs à la terreferme : des coteaux qui dominent le pédoncule de Sinope, ses constructionset ses deux rades, on contemple l’un des tableaux les plus attrayants dulittoral d’Asie . Les ondulations harmonieuses de la rive, comparées parles poètes orientaux au corps souple d’un adolescent, les groupes d’arbresépars qui ombragent les pentes, les maisons, les tours, les minarets, lesnavires qui se mirent dans le Ilot bleu, le contraste des deux ports ayantchacun son système d’ondulations et de courants, ses risées et ses rellets,ont fait de Sinope le joyau de l’Anatolie du nord. Mais à l’intérieur desmurs, " _ ’s de tours lézardées et penchantes, on ne voit plus aucun
débris des monuments qui s’élevaient dans la libre cité grecque, aux tempsoù naquit Diogène le Cynique ; les édifices que construisit Milbridale, éga-lement fils de Sinope, n’existent [dus. mais dans les murailles byzantinessont encastrés des fragments de sculptures et d’inscriptions antiques. Leport méridional, de beaucoup le plus fréquenté, n’est protégé par aucunejetée, mais les navires peuvent y ancrer en toute sécurité quand souflble dangereux vent d’ouest. Le gouvernement turc a reconstruit à Sinope un arsenal et un chantier de construction, pour remplacer ceux que la Hotterusse vint brûler, au commencement de la guerre de Crimée , en 1855,avec la petite escadre ottomane ancrée dans la rade. Le commerce localn’a d'importance que [tour l’expédition des fruits cl des bois’. On sait quela cité paphlagonienne fournissait jadis aux artistes cette « terre de Si-nope » dont le nom s’est transmis dans le langage héraldique au vert« sinople » des blasons. L’extrémité du promontoire de Sinope est parseméede gouffres et de trous d’effondrement.
A l’ouest du cap Syrias ou Indjcb bournou, limite des oliviers vers l’Oceident, ainsi que le remarqua jadis Xénophon , se succèdent quelques petitshavres entre les pointes rocheuses; telle est l’ancienne colonie grecqued’Incboli, d’où part une route de montagnes pour Kastamouni , Kotcbliissar et Tchangri. Plus loin vient Scsamyus (Amastris, Amasra ),où l’on voitles restes d’un jardin suspendu, porté par dix-neuf voûtes colossales 2 .Le [tort de Bartan, également d’origine grecque, est situé non sur la mer,mais sur un cours d’eau, l’ancien Parthenius, qui permet l’entrée jusqu’àune lieue dans l’intérieur aux navires d’un tirant de 2 mètres. La rivièrede Filias — autrefois Billæus, — bien plus abondante que le Bartan ouParthenius, est fermée à son embouchure par une barre que ne peuvent
1 Mouvement du port de Sinope en 18S0 : 115 000 tonnes.1 Eug. Boré, Correspondance.
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