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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
villes de l’Anatolie ; elle en est aussi l’une des plus gracieuses. Très vasteet divisée en quartiers distincts, que des vallons, ombragés de platanes etparcourus d’eaux vives, séparent les uns des autres, elle domine la cam-pagne fertile de l’Oulfcr-tchaï de ses maisons à toits rouges, de ses coupolesdorées et de ses minarets blancs ; il n’est pas un groupe de constructionsque n’embellisse la verdure : Brousse est un parc, en même temps qu’unecité. Les puissants contreforts de l’Olympe, rayés de plis convergents, fontressortir par leur verdure sombre l’éclat des édifices; immédiatement au-dessus de la ville s’étend la zone des châtaigniers, puis viennent les forêtsd’essences variées, noisetiers, charmes, hêtres et chênes, et plus haut lessapins et d’autres conifères ceignent la montagne d’un cercle noir. Laplaine qui s’étend au pied des terrasses de la cité est un immense jardinoù les sentiers et les routes serpentent à l'ombre de noyers gigantesques;les chèvrefeuilles et les jasmins suspendent leurs guirlandes aux branchesdes cyprès et des arbres fruitiers.
Brousse, qui garde, légèrement modifié, le nom de Prusium que luidonna son fondateur, le roi Prusias de Bitbynie, n’a plus de débris de l’an-tiquité romaine ; mais elle a toujours, malgré les tremblements de terrequi ont secoué ses édifices et détruit ou incliné ses minarets, quelquesrestes précieux de l’époque où elle fut la capitale de l’empire ottoman ;dès 1328 elle appartint aux Osmanli, et c’est là qu’Orkhan « le Victo-rieux » reçut le litre de padichah des Osmanli . Brousse est la ville où lesTurcs ottomans prirent la conscience de leur force, où la « tribu se changeaen nation et où le chef de bande se fit chef d’empire»’. Après avoir succédéà sa voisine Yeni chelir comme résidence des sultans, elle fut remplacée àson tour par Andrinople, puis par Constantinople , mais elle reste toujourscité vénérée et l’on y visite religieusement le cénotaphe d’Osman, ainsi queles tombeaux de Mahomet II et des autres premiers souverains de l’empire.Parmi les « trois cent, soixante-cinq » mosquées de Brousse, presque touteslézardées par les tremblements de terre, plusieurs se font remarquer par larichesse et l’élégance de leurs faïences émaillées; l’une d’elles, le YechilDjami ou « Mosquée \ertc », a été réparée dans le goût primitif de l’artpersan par un artiste français . Brousse est un centre de commerceet même une cité industrielle, grâce à ses minoteries, à la culture desmûriers; mais depuis 1836 les maladies qui ont attaqué les vers à soieont diminué des deux tiers la production séricicole. du Houdavendighiar;la valeur moyenne de la récolle, qui était de 28 à 50 millions de francs
1 G. l’piTOt. oiivncc citô