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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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DARDANELLES , HISSARLIK, BOUNARBACHI.

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village d’Eren-koï ou Itghelmez, tout peuplé de Grecs, malgré ses noms turcs,s'élève sur une liante terrasse qu'ombragent les noyers et les chênes, etdéjà l’on aperçoit dans le lointain la plaine de Troie et les tertres coniquesérigés sur les collines des alentours. Une vallée, parcourue par un ruisselctque Schliemann croît être le fleuve Simoïs, sépare les hauteurs d’Eren-koid’un chaînon de collines dont la dernière, dominant les campagnes maré-cageuses du Mendereh, est la fameuse terrasse dellissarlik ou du « Châ-telet », identitiée par la plupart des archéologues avec la nouvelle llion ;l’heureux fouillcur y voit, contrairement à Strabon, l’ilion d’Homère , etl’on comprend que ses travaux de déblai prodigieux sur le coteau le portentà exagérer la valeur de ses découvertes : quand on approche de Ilis-sarlik, on croirait, à la vue de ces énormes tranchées, de ces puissantsamas de débris, qu’on se trouve au pied d’une citadelle labourée par lesobus.

En cet endroit, la roche dure est recouverte de décombres ayant uneépaisseur totale de 10 mètres et disposés en couches provenant de diffé-rents âges. Les débris de six villes successives se seraient amassés en unimmense remblai. La couche supérieure appartient à la période historiquedu inonde grec; au-dessous, une strate très mince recèle des vases de pro-venance lydienne; puis viennent deux assises dont les maisons, de mé-diocre apparence, étaient construites en petites pierres unies par de lahoue et badigeonnées d’argile à l’intérieur. C’est plus bas que se trouverait,la Troie de l’Iliade, ville brûlée, dont les cendres renfermaient des milliersd’objets attestant l’origine hellénique des 'Croyons et leur culte spécial pourAthéné . Enfin, la couche inférieure indiquerait le séjour d’un peuple anté-rieur même à la légende. D’après la forme des objets que l’on a trouvésdans les ruines, Tintsndie célébré par l’Iliade aurait eu lieu, il y a trente-six siècles environ, à 1’époquc du cuivre pur et des dieux à faces d’animaux.Toutefois la terrasse de IIissarlik, d’environ 79 hectares 1 , est trop étroitepour que la ville bâtie en cet endroit ait jamais pu être considérable etfortement assise; en outre, elle manque d’eau, à peine un léger suinte-ment d’humidité se voit au pied de la colline en temps de pluie. D’aprèsLeclicvalier et Eorchhammcr, l’emplacement de l'ancienne llion devraitêtre cherché sur la colline de Bounarbachi ou « Tête de l’Eau », au sudde la plaine alluviale : là s’élève une haute colline, toute parsemée depierres brisées, qui domine à l’ouest le cours du Mendereh par des escar-pements inexpugnables de 100 mètres en hauteur; de longues pentes

1 Emile Burnouf , Archives des Missions scientifiques , tome VII. )

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