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simple hameau, Lamourt-koï, indique l’emplacement de l’ancienne Cumes (Cymé), mère de cette autre Cumes d’Italie , où l’Enéide a placé uneentrée des Enfers. Plus loin, sur la côte, au Lord d’une rade ouverte auxvents du nord, s’est fondée Yenidjé Fokia ou la «Nouvelle Pliocée»; seshabitants, Grecs en majorité, construisent un môle pour la protection desnavires.
Karadja Eokia, ou simplement Fokia, Eoudgès ou Eoglerié, est la célèbrePliocée, dont les hardis émigrants fondèrent Marseille et tant d’autrescolonies. La vieille Pliocée, humble cité en comparaison de son opulentefille, 11e lui est point inférieure pour la beauté du site eL son port naturelest bien autrement vaste. Un groupe d’iles, les Péristérides ou « Colom-bes », protègent la rade au nord et au nord-ouest, ne laissant que deuxentrées aux navires, celle du nord, peu profonde, celle du sud, large etpraticable aux bâtiments du plus fort tonnage; un promontoire, occupépar une citadelle ruinée, défendait autrefois l’entrée du port. Le bassin cir-culaire, que les hauteurs des îles et de la terre ferme semblent enserrer detoutes parts, se divise lui-même en deux ports secondaires, au nord et ausud de la presqu'île qui porte la citadelle démantelée et la cité proprementdite. Naguère ce rocher était une île; mais les décombres tombés des mu-railles voisines, le lest des navires et les déblais de toute espèce, les ailu-vions d’un ruisselet, peut-être aussi, comme l’affirment les indigènes, unlent soulèvement du sol, ont asséché le détroit, et des maisons s’élèvent oùmouillaient les embarcations. Le quartier moderne, habité presque exclu-sivement par les Créés, s’arrondit autour de la grève, le long de la baieseptentrionale. Des olivettes, entremêlées de cyprès, occupent la plaine ovalequi continue le golfe, enfermée de tous les côtés par des monts pierreux etnus, calcaires au sud et volcaniques au nord. Les restes d’une ville, quifut l’acropole de Pliocée, se voient au sud-est, dominant un autre port quele golfe de Smyrne projette dans l’intérieur des terres : c’est Varia, appeléîladji Liman par les Turcs.
La population grecque de Pliocée, devenue la plus nombreuse, montremoins d’initiative que n’en manifeste ordinairement la race hellénique: lacause en est sans doute aux conditions de leur travail; presque tous sau-niers dans les marais salants qui bordent la mer au nord du Ileiuaus, ilsont été maintenus dans la servitude par la surveillance continuelle des em-ployés du fisc. Le seul commerce de Pliocée est d’expédier les sels; dans levoisinage du quai, s’élèvent d’énormes entassements de cristaux, véritablescollines dont une suffit au chargement de plusieurs navires. Pourtant laville serait bien placée pour le grand trafic international, comme avant-