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NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
son golfe, que jaunissent les troubles du Ilermus, elle est séparée des eauxbleues par l’étroite passe que dominent les murailles blanches du Sandjak-kaleb, le « Fort de l’Étendard ». La ville occupe une large zone de ter-rains en pente douce qui se relèvent au sud et vers le mont Pagus, por-tant encore les restes de fortifications du moyen àgc bâties sur les fonde-ments d’une antique acropole. Pour la beauté pittoresque, Smyrnc es!inférieure à la plupart des cités de l’Ionie asiatique et ne paraît pas mériterla parole de l’ancien oracle : « Trois et quatre fois heureux ceux qui ha-bitent le Pagus au delà du Mêlés sacré! » A peine quelques monumentsélevés se montrent au-dessus de la mer des maisons; seulement, quandon approche de la ville par l’angle méridional, on voit se dessiner dansson entier l’amphithéâtre du quartier turc, avec ses coupoles, scs minaretset le bois de cyprès qui ombrage les morts. Toutes les montagnes quibornent l’horizon sont dépouillées d’arbres et n’ont d’autre verdure quecelle des pâturages ou des maquis; elles ont du moins l’élégance des con-tours. Les « deux Frères », qui dominent l’entrée de la rade, le lointainMimas, qui sépare le golfe de la haute mer, la chaîne du Sipylc, qui s’élèvepar degrés jusqu’à la masse pyramidale du Trône de Pelops, la croupepuissante du Tmolus avec les villages que portent ses contreforts, limitentle cercle immense qui se déroule autour de la rade.
La cité la plus considérable de l’Anatolie et de toute l’Asie Antérieure,Smyrnc est, pour la population, la première ville du monde helléniqueaprès Constantinople; pour l’inllucnce, elle vient après Athènes . C’estavec raison que les Turcs lui oui donné le nom de « Smyrne l’Infidèle » :en entrant dans le port, on ne voit guère que des navires à pavillons euro-péens, et tous les quartiers qui longent le quai, bâtis sur un terrain qu’unesociété française a conquis sur la mer, appartiennent à des Gbiaour. Toutporte la marque de l’initiative occidentale : ces quais pavés en laves duVésuve, ces rails anglais, ces voilures d’Autriche , ces maisons bâties sousla direction d’architectes français par des maçons de l’Archipel , briques,marbres, fers, pilotis et cadres de bois qui permettent aux constructions derésister aux secousses du sol, tous ces matériaux ont été importés depar delà les mers. L’étranger ne connaît guère d’autre Smyrne que celledes Grecs et des Francs ; les Turcs sont refoulés dans l’intérieur de la ville,vers les pentes du mont Pagus; leur quartier n’est qu’un labyrinthe depauvres maisons en bois, qui ne seraient jamais assainies si le feu n’vfaisait parfois de larges percées. En jugeant par les écoles, qui assurentd’avance la suprématie aux plus instruits, il n’est pas douteux que l’ascen-dant des Grecs ne s’accroisse rapidement; leur grand collège, que la protec-