GI8
NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
Ils sont répartis en cliiourmcs comme des esclaves; tons disposés sur unememe ligne, ils sarclent le sol en cadence, s’abaissant et se relevant d’unmême rythme; de temps en temps, le chef de file pousse un cri strident ettous lui répondent en prolongeant sa voix par une sorte de hennissement.A quelques sillons de distance, en face de la rangée des mercenaires, setient le surveillant, souvent armé. Son cheval l’attend, tout sellé, sur lesentier voisin.
De l’autre côté de la péninsule, sur le littoral du sud, les deux villes deSevri-hissar et de Sighadjik sont devenues, comme Vourlah, des centres agri-coles. A 2 kilomètres au sud de celte dernière ville, à la racine d’une pres-qu’île rocheuse, se trouvent les ruines imposantes de Teos, la ville ionienneoù naquit Anacréon ; l’enceinte des murailles a G kilomètres de tour, etparmi les débris on distingue quelques restes de temples, un théâtre,d’où la vue s’étendait au loin sur les montagnes de Samos , et le sanctuairede Dionysos, auquel la ville était consacrée : des traités conclus avec toutle monde hellénique lui avaient assuré le droit d’asile. Plus au sud-est.sur la même côte méridionale, les ruines de Lebcdos ne sont que des amasinformes, et dans la direction d'Ephèse , Claros, célèbre par son oracle, adisparu, de môme que la cité de Coloplion. Après Chandler, Arundcl,Tcxier, M. Fonlrier en a étudié avec soin tous les débris et a retrouvé quel-ques restes remarquables, entre autres ceux de deux lions gigantesques,datant de la grande époque de l’art ionien. La contrée, jadis très peupléeet célèbre par l’élève des chevaux, est aujourd’hui presque déserte, si cen’est en hiver, quand elle est parcourue par des bergers nomades. Lesmonts qui la dominent ont encore quelques bouquets de pins, restesdes grandes forêts dont parlent les auteurs anciens, comme produisant larésine de Coloplion, la « colophane » des Français ’.
Aux époques helléniques et romaines, Lebedos était fréquentée par lesétrangers à cause des thermes du voisinage, que l’on utilise encore. Peude régions sont plus riches en sources chaudes que la péninsule déchi-quetée comprise entre le golfe de Smyrne et celui de Scala Nova. Déjà dansle voisinage des villas smyrnioles, sur la côte méridionale du golfe, jaillis-sent les sources d’Agamemnon , près desquelles se voient des restes dethermes romains. Mais les bains les plus fréquemment visités sont ceux deTchesmeh, près de l’extrémité delà presqu’île, en face de Chio, cl non loindes ruines d’Erythrée , où coulent aussi des eaux chaudes abondantes. Tches-meh, c’est-à-dire la « Fontaine » par excellence, est le lieu devenu célèbre