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Livre IX. L'Asie Antérieure.
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■ NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.

renversée et plus de 5800 personnes périrent sous les décombres; quoiqu’onait en grande partie reconstruit la ville', ou y voit encore nombre detours penchées et de murs lézardés. Telle est l'industrie des Chioles, qu'ilsauront bientôt fait disparaître les traces de l’effroyable catastrophe, demême qu’avant le tremblement de terre ils effaçaient les vestiges d’undésastre plus grand encore. En 1822, aux premiers temps de la guerrede l’Indépendance, les Turcs « passèrent là », et lorsque l'œuvre de dévasta-tion fut accomplie, villes et villages n’étaient plus que des ruines; 25 000Chiotes avaient été massacrés et 15 000 emmenés comme esclaves à Smyrne et à Constantinople; 15 000 s’étaient réfugiés dans les îles et dans la Grèce continentale; le reste se mourait par la famine ou le typhus; de toute laon, qui avait dépassé 100 000 personnes, 2000 seulement survé-curent. C’est ainsi que le gouvernement turc se vengea des défaites que lesmarins de Psara ou Jpsara, petite île voisine de Cliio, au nord-ouest, avaientfait subir à ses vaisseaux.

Le « Paradis de l’Archipel » s’est repeuplé, sans que toutefois lenombre des habitants ésalc la moitié de ce qu'il était avant la "lierre. Laville de Cliio, ou Castro, — ainsi qu’on l’appelle du château génois quila domine, — occupe une situation des plus heureuses sur le chemindes navires qui longent les côtes occidentales de l’Asie Mineure; elle es!l’escale avancée de Smyrne sur la roule d’Athènes et de l’Occident . Aunord, elle se prolonge par le faubourg ou plutôt par l’immense parc deVrontados, habité surtout par les marins; au sud, elle se continue par lesmille villas de Campos, où les négociants se retirent chaque soir. De touttemps, les Grecs chiotes se sont distingués par leur génie mercantile; ceuxqui trouvèrent un refuge à l’étranger pendant la guerre de l’Indépendance,profilèrent de leur exil pour fonder des maisons de commerce en Occident ,à Londres, à Marseille, à Livourne , et c’est à leur initiative que le traficde Pile a dû de refleurir. « La nature, dit-on, les a faits négociants etbanquiers; ils deviennent riches sans efforts. » Les autres Grecs se détientde ces frères de race si habiles et prétendent souvent qu’il faut voir eneux les descendants d’une colonie juive ou phénicienne; d’ailleurs lesChiotes ont réellement quelque chose du type sémitique, surtout les fem-mes, qui se distinguent parla noblesse et la régularité des traits. Commeles Juifs, les Chiotes évitent de se mêler aux étrangers ou aux Hellènesdes autres îles; les mariages ne se font qu’entre eux et quand il s’agit de

1 Restauration île Cliio, jusqu’au mois do juillet 1883, d'après Y Impartial de Smyrne :1521 maisons, églises et mosquées reconstruites; 1875 réparées.