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.NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
bords qu’un village, presque abandonné pendant la saison des cha-leurs, mais très commerçant en hiver. Là se trouvait Telmessus, laville des devins, dont il reste d’importants débris. Les contreforts du Cra-gus qui dominent le port sont percés de tombeaux, dont quelques-unstaillés en forme de temple, avec porche, péristyle et fronton ; à l’entréed’une de ces tombes, une colonne ayant perdu son soubassement par unerupture de la paroi reste suspendue au roc par le chapiteau 1 .
De remarquables débris de l’architecture lyciennc ont été trouvés dansles ruines de Xanthos, cité qui s’élevait jadis sur une colline isolée an mi-lieu d’une plaine d’alluvions que parcourt FŒren-tcliaï avant d’entrerdans la mer, à l’est du massif superbe des Sept Caps. Les fragments lespins précieux de Xanthos, recueillis par le voyageur Fellows, occupentl’une des salles du Musée Britannique : ce sont des tombeaux et des bas-reliefs, très curieux dans l’histoire de l’art, car les sculptures, hellé-niques par la vérité des formes, la grâce des attitudes, l’élégance du vête-ment et des armes, n’en ont pas moins un caractère original, comme ilconvenait à un peuple longtemps indépendant, qui s’était trouvé en rela-tions avec les nations de l’Asie intérieure aussi bien qu’avec les Ionienset les Doriens du littoral; dans les ruines de ces régions montagneuses,toutes les sculptures ont l’élégance et la pureté de style. Les Termilaï■ou Lyciens avaient leur écriture spéciale, ayant quelques caractères com-muns avec celle des Cypriotes 3 : leurs inscriptions sont gravées en carac-tères, qui tout en ressemblant beaucoup au grec archaïque et quoiqueaccompagnées sur quelques tombeaux par une traduction grecque, n’ontpu être complètement déchiffrés. Dans leurs tombeaux sculptés, commedans leurs temples, les architectes lyciens reproduisaient exactementtous les détails des cabanes en bois de chêne ou de pin que les pay-sans construisaient à cette époque et construisent encore : tout est scru-puleusement imité, troncs du support, poutres, poutrelles et bardeaux ;même les ornements des angles ressemblent aux touffes d’herbes quicroissent sur les bords des toits en terre mal aplanis par le rouleau 5 .Néanmoins la variété des formes architecturales reproduites est considérableet nombre de tombeaux lyciens se terminent par un faite ogival.
Les ruines paraissent d’autant plus belles que les montagnes sont décou-pées en gorges sauvages, dominées par des escarpements grandioses. Ainsi
1 Fellows, Trarels and Researches in Asia Minor.
- Hamilton Lang, Cijjirus.
5 Fellows; Spratt; Forbes ; Iloskyns, Sehonborn, etc.